lundi 20 décembre 2010

Ce jour de Décembre, alors que des flots de neige fondent sur l’hexagone, et que des parisiens déprimés par trop de parisianisme aigu regardent l’écran à images (avec vulgarité la télé) dans l’attente d’une bénédiction sacerdoçale du bon A-petit-feu, vrai ministre de l’intérieur, nous avons décidé d’aller faire un tour du coté des iles Florès puis de Komodo à la recherche du légendaire monstre.

Le périple commença au bord d’un jig, à savoir celui du jonctionnement principal de la structure à Bandung. Ici, dans le bâtiment d’industrie, une équipe de travailleur de Lembang ou d’ailleurs force leur destin à attaquer une dalle de béton super-armée de 30cm. Cette énorme pétarade me fait penser à l’Afghanistan des années 80, où nous n’avons pas su tenir nos positions au nord de Kandahar. A l’époque, Fred Bangh était major et à la tête d’une petite équipe spécialisée dans les coups de main : attaque fulgurante, locale, en petit nombre en vue de détruire une cible. Il nous parle avec passion de son expérience et bien d’autres choses.


Fred, que comptez vous trouver sous cette dalle ?
- En effet, ce bruit assourdissant rentre en résonnance avec tous les instruments de mesure, et gène les monteurs dans leur travail d’assemblage, et surtout l’outilleur qui ne pense qu’à ses jigs.
Parmi les compagnons indonésiens, des bruits courent. J’entends dire que ce perçage en règle libérerait certaine force. J’hésite à en dire plus. On parle d’une équipe d’assembleurs des années 80 disparus un Samedi d’over-time. Cependant, aucun rapprochement ne peut être délibérément fait avec mon ancienne affectation au sein de l’armée française. Une expérience humaine que je juge tout à fait satisfaisante et qui me permet aujourd’hui d’aborder avec zen le flegme javanais, et toutes ces légendes d’outre-terre.


D’où vient cette formidable idée que vous avez eu de partir quelques jours explorer les iles à l’Ouest de Java.
-Permettez-moi d’abord d’effectuer un léger rectificatif important sur l’origine de cette aventure. L’instigatrice de A à Z fut Laurie, qui, avec une classe et opiniâtreté saisissante a harcelé Bahu Buana. Je cite ainsi ses propres mots : « L’idée qui m’a fait bouger, comme le verbe fait ouvrir d’autres perspectives, est l’eau. L’eau dans sa forme liquide qui coule partout en Indonésie, s’enchevêtre en rivière, entoure ses iles pionnières, façonne l’esprit indonésien vers plus de légèreté, de tranquillité, et de légèreté. L’eau est audace ». On devine ainsi l’influence d’Erik Orsenna chez Laurie, qui est une personne que je respecte pour ses idées, et qui nous a su donner sens à nos rêves en nous projetant plus loin que Bali, au large des iles Florès et de Komodo, au porte de territoires que seuls les cartes et les satellites connaissent.

On vous voit maintenant regarder l’horizon. Quelles images de ce voyage restent dans votre esprit ?
-D’abord, le bleu pure, non outre-mer, mais outre-terre comme je l’ai cité précédemment, souvenez vous. Un bleu clair et profond touché par des vagues millénaires, et qui vous font penser. Ensuite, l’expérience de la plongée avec la vision saisissante de corail dévasté par l’Homme, de barracudas à quelques bras de vos mains dont l’œil lugubre a tôt fait de vous transformer en viandaille, ces sacs et détritus plastiques sur la mer et des courants formants des lignes de déchés blanchâtres ; et enfin la nuit venue des cohortes de chauves-souris, grosses comme des jeunes chiens s’envoler par millier vers le continent-iles en un défilé quasi-spectral jusqu’à la nuit.
Il faut ajouter les ambiances de la pénombre sur notre embarcation chahutée par une tempête au loin dont les éclairs n’ont cessé de nous habiter toute la nuit, les bruits de la mer s’ajoutant aux senteurs fugaces de la mangrove en décomposition, entre ciel et terre, nuit et jour, mammifères attardés et poissons intelligents heurtant la poupe, et qui pourtant s’entredévorent. A cette heure de la nuit, j’ai eu peur de quelque chose de ténébreux niché quelque part sous le bateau, et qui a hanté mes rêves.



Avez-vous des projets ?
-Je suis descendant de cœur d’Henry de Monfrey, et ai lu ses écrits sans pourtant y adhérer. A ce titre, l’autre jour, au Warum Ethnic de Bandung Ciumbuleuit, j’ai eu une conversation très intéressante avec Monique qu’on connaît trop pour son business, mais pas assez pour son amitié pour Jacques Julliard, et surtout les voyages qu’elle a effectué à Lombok. Pour cela, je la respecte.
Un jour, pendant une manœuvre au Nord de la Caucasie du sud alors que nous étions entourés par une bande de tchéchène colère et armée d’un attirail issu des stocks de l’ex-union soviétique, un sergent russe m’a dit dans un accent improbable «Ne soit pas déçu par la vie, les filles ou le destin, mais accroches toi à la réalité et sa complexité». Alors, je joue.



Une conversation de quel ordre ?
-D’ordre moral, et pas du tout, pas une seconde moraliste.
D’ordre social, et sans aucune connotation politique.
D’ordre politique, mais sans référence socialiste.
C’est de cela que nous avons parlé, de la démocratie, de l’influence néfaste de certaine religion, et en cela nous restions garant des thèses de Roger Folco.
Nous avons aussi débattu de la disparition de la grande Helléniste J. De Romilly, disparu hier, et de l’importance des langues mortes, et des classiques.
Le reste n’a que peu d’importance.

Un dernier mot.
-Non.

jeudi 25 novembre 2010

Back in business

Vers la fin du mois de Janvier 2009, un gars que nous nommerons plus tard par son véritable nom, partit d’Apt, dans les Alpes de Haute Provence, en direction de la ville française de Marseille, afin de s’engager pour aller combattre sur un projet hélicoptérique en Indonésie.
Il faut imaginer ce gars dont le nom pourrait être Florian Busi, s’arrêter quelques instants sur la grande place du village provençal et regarder quelques flocons s’accrocher aux branches décharnés des platanes centenaires, puis d’avancer un pas puis l’autre vers l’arrêt de bus. Ce soir là, la météo annonçait tempête, mais la neige, cette neige râpeuse et légère ne le fit sourciller. Plus tard, un bus s’arrêtera sous un réverbère aux colorations vermeilles, puis accéléra à tombeau ouvert dans un nuage granuleux et noir vers un autre lieu, vers l’inconnu.




Florian, comment avez-vous appréhendé ces premiers jours, mois à Bandung ?
Justement sans appréhension et surtout sans apriori mais avec l’intelligence du cœur. Lorsque, j’ai posé les pieds à Bandung le 23 Janvier 2009, tout est soudain devenu clair. : cette ville, ses habitants et ses desseins ne s’arrêteraient jamais. Et, telle une machine complexe ajustée par une technologie autre, la métropolis était capable d’anticiper le futur, et de construire avec certitude un état de domination et de performance. Cette machine entropique est conduite par la plus effroyable psychologie, celle d’une population souriante, jeune, rayonnante et surtout d’une humanité en totale opposition avec ses objectifs froids, irrémédiables et profonds.
Ainsi, Bandung m’a accueilli et permis de développer certains dons, et certaines capacités dont j’ignorais l’étendu et les pouvoirs ; car si toute puissance impose responsabilité et grandeur d’esprit, la maitrise de cette puissance lorsqu’elle vous est conférée, vous grandit et change la conscience de votre passé et vos expériences déjà-vécues. Cela a été le plus difficile pour moi de jauger.
Hors de propos, j’ai eu la chance de rencontrer mon mentor, Bambang, qui fut pendant ses premiers pas un guide de compréhension et d’insolence. Ce dernier adjectif peut sembler fort mais d’une effroyable justesse, car Bambang à travers ses leçons me communiqua certains messages, et ligne directrice qui aujourd’hui résonnent d’une clarté étonnante.
Il me parla de jours glorieux, puis de nuages noirs s’amoncelant à l’horizon à travers des signes, me parla de persévérance dans des moments clefs et du succès in fine de l’entreprise dont les pièces s’emboiteraient d’une manière saisissante et rapide. En fait, une sorte de S-courbe inversée.




Vous nous parler d’une force, mais ne faut t’il pas parler de valeurs ?
Ne forcez pas le trait en citant Fred Sansonsoni, s’il vous plait.
Je parlerais, si vous me le permettez, de lien, et surtout de la création de lien, à travers le jeu de l’esprit. Pour cela, permettez-moi de faire un raccourci Rugbistique et Handballistique, qui vous permettra de comprendre, puisque ces sports sont les mêmes.
Créer du lien est un parallèle à la création de jeu, où la lecture s’oppose à la combinaison sans se confondre. Lorsque l’équipe maitrise ses individualités, quand les individualités possèdent l’aboutissement de la lecture, enfin si les conditions de stress et d’événements sont au maximum, le miracle peut s’accomplir. Je parle par exemple d’une victoire en Nouvelle-Zélande dans les années 80, une autre en 1999 et des actions venues d’ailleurs.
Ainsi, pour l’esprit, c’est égale en remplaçant les joueurs par les synapses, et les actions par les membres de l’équipe. Un jour, malgré un environnement hostile, tout se transforme, devient clarté et sonne les cloches de l’accord symphonique. Il suffit juste d’être au cœur de l’action. Trust me.




Quels sont vos fonctions ici à Bandung. On dit que vous cumulez plusieurs casquettes?
Parfois en lisant certaines œuvres, il m’arrive de comprendre l’essence du changement. Ainsi, la Divine comédie n’est pas seulement ascensionnelle mais une assemblée de comédiens qui œuvre autour d’un projet et exprime des sentiments subtiles que seul Dante a pu exprimer par des mots, des phrases, des milliards.
Mes fonctions à Bandung sont certes multiples mais définies dans une fenêtre de persuasion et d’évolution.
Parfois, il m’arrive de me demander pourquoi nous sommes des humains et non des anti-humains, faits d’atomes et non d’anti-atomes, constitués d’électrons et de protons, et non de positrons et d’anti-protons ?
A défaut, de répondre à cette question qui taraude les monteurs, préparateurs, outilleurs, assembleurs, designers, chercheurs, managers, acheteurs, approvisionneurs et autres financiers de toute race, je préfère participer au système de la métropolis sous toutes ses formes, et progresser ici, que stagner là-bas, créer du jeu dans l’action, que m’éloigner d’un centre de gravité et prendre de la hauteur à présent.
Je pense penser demain l’inverse. C’est comme ses cartes de psychologue avec ses schémas abstraits où chacun entrevoie sa conscience. Aujourd’hui, j’y vois cette métropolis. Qui sait demain ?


Peut-on réécrire l’histoire ?
Comme dirait Maurin, on ne peut pas mentir 1 fois à 1000 personnes, ni 1000 fois à mille personnes, mais à la fin c’est juste une question de personne.
L’histoire ne cesse d’être écrite, interprétée, malaxée, communiquée pour finir décomposée et sans structure, mais jamais au grand jamais elle ne s’effondrera tant que l’esprit de l’espoir existe. On touche presque au divin. L’autre jour, au bord d’un jig, nous cherchions des millimètres presque à tâtons, pièces par pièces, rivet par rivet, calle par stringer, rayon de courbure par chaine de cote, et pourtant dans le hangar en cloche de cathédrale où s’assembleront les structure, la nuit se fit et un éclair illumina la scène. Et, je saisis la vérité, cette comédie immense où chaque comédien de Dante s’exprimait, et participait à une scène dont il n’aurait jamais conscience de l’ampleur. Une douleur fugace traversa mon bras en s’amorçant juste au dessus du poignet, puis disparut. Ma réponse est positive, les fantômes existent.


Comment appréhendez-vous la popularité de Laurie ici en Indonésie ?

Il ne faut pas confondre les trafiquants d’armes, et celles qui par leur qualité développent des concepts nouveaux. Laurie fait un grand travaille au CCF, et devrait à coup sure postuler pour les prochaines élections de consul honoraires de Bandung.
Les Indonésiens sont un peuple musical, qui s’exprime par le rythme et les notes, ainsi il est fréquent de voir des groupes de jeune marcher si lentement en conversant avec animation, ils suivent le rythme de leur corps ; c’est ce que Laurie traduit dans sa musique, ses écritures, sa communications et son langage, cette dualité physico-rythmique.
Je compte collaborer avec elle si nécessaire et si elle m’appelle dans son équipe, afin de partager mon expérience industrielle, sportive et managériale et de converger vers la performance, et puis rapidement de rendre la grandeur passée au CCF.
Tout est dit pour l’instant.

vendredi 23 juillet 2010

Interview de Balou




Au cœur de la garrigue de Provence chère à Marcel Pagnol, il existe de ces coins que seule peut connaître l’imagination des bambins d’ici et delà. De ces lieux, naissent des légendes, si bien décrites dans Jean de Florette ou Manon des Sources du même auteur. La réalité est plus sale, et Marseille n’est plus cette ville angélique où courre le minot comme après un ballon imaginaire dans les égouts des vieux ports, où les profs d’école de quartier ont grande réputation et se font siffler gentiment par les putes de la Canebière, où les vieux du coin interpellent en sifflant les pomponnettes marchant sous les fenêtres ensoleillées ; et toujours ces cigales qui chantent dans les châtaignés d’Aubagne. Crikcrikcrkcrkcrk.
Non, tout cela n’existe que dans les livres?
Ce point d’interrogation au dessus de la ligne n’est pas là par hasard. Il n’est pas seulement une figure, mais une fenêtre qu’il n’est que trop urgent d’ouvrir. Ainsi, cette interview.


OB : Mr Balou, on connaît vos talents pour l’écriture et votre maitrise de la langue de Molière. Quel est néanmoins votre cursus universitaire.

Balou : Je suis né de l’école de la rue, et plus exactement au Quartier du Miraille à Toulouse.
C’est là que j’ai appris les valeurs de la vie et cette sorte de respect qu’on obtient lorsqu’on se fait respecter. Un jour, un de mes professeurs de rue qui était une sorte de braconnier-pattedelapin-vieux sage m’a dit : « Balou, n’écoutes pas tes poings, mais le son des branches». Ici, à Marseille, on ne regarde pas les gars qui ont fait des études, ou sont montés à Paris pour la chansonnette, mais on regarde le cœur, on écoute les actes et les actions.
Vous me parlez d’université, moi je vous parle d’univers. Vous me parlez de talents, moi j’exprime mon droit à écouter le plus pauvre.
Ici, en France, Eugène Saccomano que je respecte d’ailleurs plus pour ses polars que sa connaissance du foot, m’a dit un jour, alors que nous sirotions un pastis sur le vieux port : « écoutes Balou, je crois qu’en France, il y a cinquante millions d’entraineurs, et 60 millions de donneur de leçons. ».
Alors voilà.


OB : A propos de la France, que sont devenues les racines de la Provence.

Balou : Ces racines n’ont jamais existées, et ne sont qu’une bonne idée pour faire diversion de la vraie vie. Sans parodier qui vous savez, je parle de cette France qui souffre, qui bosse, qui s’expatrie aux 8 coins de la planète, et qui nous représente en silence.
Cette Provence des bouquins et des cigalasses s’expriment dans les contes de Mistral, à Gary en passant par R. Ludlum dans son intemporel « mosaïque parsifal ».
Les racines de la Provence d’aujourd’hui sont dans le ciment à prise rapide et les piscines qui pompent les nappes phréatiques.
Un vieux de Salon avec qui je bois le Ricard tous les midis à la Gouttasse à Lançon de Provence me disait l’autre jour : « Tu sais Balou, des gens comme toi qui connaissent les valeurs de notre région, il n’y en a plus. ». Et, le gars a versé une larme, sans s’en apercevoir le gars a pleuré. C’est un peu cela les racines d’un Pays, ce n’est pas seulement la terre, mais aussi les enfants de cette terre chargée d’histoires, d’Histoire, de sangs, et aussi d’idées.








OB : S’il y avait aujourd’hui un lieu qui ressemble à cette Provence ?

Balou : Je vais vous surprendre et surprendre nombre de mes lecteurs, mais il y a un lieu où j’ai travaillé sur un projet il y a plus de 20 ans en tant que responsable EQNique. Ce lieu n’est pas d’aujourd’hui, mais d’hier. Le Bandung d’Indonésie des années 2010 rassemble toutes les qualités de cette Provence idyllique. Une population jeune et dynamique en pleine transition, un tissu industriel en révolution et poussée par la pression d’un empire chinois à ses portes, des richesses géographiques et matérielles indéniables, et aussi une peur sous-jacente permanente qui réveille les esprits. La peur d’un intégrisme religieux et de conflits territoriaux avec ses voisins.
Bref, tout est réuni pour créer cette Provence du cœur, ses drames, ses aventures, ses merveilles.
Le mois dernier au cours d’une séance de dédicace à Londonderry puis d’une conférence devant mes pairs, je me retrouvais à boire un Old-Jameson tourbé des familles lorsque je fus abordé par José Bové et eut une discussion des plus admirables sur le communautarisme français des années 20, et évidemment vers 3 heures du matin, nous discutâmes de cet éternel sujet qu’est la Provence, il me fit une remarque un peu surprenante qui ébranla certaine de mes convictions et aussi me conforta dans certaines opinions : « Ce qui m’intéresse, en fait, ce n’est pas une société qui stagne, et qui se raccroche au seul espoir de croissance ; mais les sociétés de rupture, celles qui sortent de conflits comme des plantes de la cendre. Ce qui me passionne en réalité, ce sont ces sociétés qui naissent ou renaissent. C’est là, je pense, que tu trouveras la Provence ».


OB : Aujourd’hui, que véhicule une équipe comme l’OM en tant que vecteur d’une région.

Balou : Je ne crois pas au technologiquement correct, je ne crois pas au règne de l’Internet qui va supplanter le papier, et je crache sur ces businessmen qui vantent la société du numérique.
Aujourd’hui, je vois trop de jeunes français ou indonésiens accrochés à leur portable, à s’envoyer des messages stupides via leurs instruments électroniques.
La dessus, je respecte le sport qui est le gout de l’effort et non de la paresse ; à contrario Internet et les portables abrutissent et ankylosent une certaine jeunesse en la dirigeant vers la nonchalance. Il faut respecter ces joueurs qui transpirent dans l’arène du Vélodrome, il faut respecter cette enceinte que je souhaite rebaptiser en Arènodrome et reconstruire sur la mer, sur notre belle méditerranée. Imaginer, ce stade de 80000 spectateurs à 10 km des cotes, comme une étoile de mer au large, et ces milliers d’embarcation si dirigeant les soirs de match. Quelle magie cela serait. Hélas, milles fois hélas, nos dirigeants l’ont perdue depuis longtemps à coup de réalité.
L’OM est un vecteur de Provence, dissous dans la médiocrité. Songez qu’à Bandung, les jeunes connaissent tous les joueurs qu’ils ont élevés à l’égal de Dieux grecs.
Je vais peut-être choquer mais la Provence aujourd’hui, c’est le dormeur du val.







OB : Et le réchauffement climatique.

Balou : Le commandant Cousteau l’avait prévu. Savez vous que les effets les plus importants ne sont pas globaux mais régionaux, et que les régions les plus désertiques de notre planète sont sujettes à des bouleversements de plusieurs magnitudes. Les pôles sont entrain de fondre et des volumes gigantesques d’eau douce plongent dans les abimes ; la foret sibérienne dont la superficie est triple de l’Europe est entrain de se terraformer et en étape de transition de photosynthèse : le poumon de la terre tousse mon bon Monsieur.
Notre seule ressource est les océans, une machine incroyable dont on n’a rien compris et qui est un peu plus qu’un tampon thermique et un capteur de carbone.

OB : Et le trafic d’armes

Balou : Je sais que Monique possède des armes, et pas seulement un petit AK47 des familles. Je lui ai d’ailleurs revendu un vieux Kala des familles à l’occasion de ma précédente visite à Bandung. Je trouve d’ailleurs que le trafic d’armes est une notion intolérable. On ne devrait pas le dire aux enfants.


OB : On dit que vous votez Vert.

Balou : C’est faux, entièrement faux. Ce ne sont que calomnies, rapportées par des individus sans scrupule. J’en connais d’ailleurs un au Ciumbuluit qui repend sur mon compte les rumeurs les plus fourbes.
Sur ce sujet, je fais d’ailleurs preuve de transparence, puisque je possède une carte d’un certain parti dédicacée par quelqu’un que je ne citerai pas, et c’est tout sur ce sujet, et même l’interview. Bonsoir.

dimanche 11 juillet 2010

Histoires de Singapour

Un jour, au cours d'une partie de Pub, un français de passage a prétendu à une indonésienne appelée Shira que les origines de Singapour se confondaient avec la Hollande, son histoire, sa culture, son présent.
Tout cela est un peu rapide de parler d'une ville-nation sans préciser un rapport de temps, d'époque, de races, de culture et de ne pas s'attacher au rapport freudien d'une population vis à vis de sa géographie (si je puis dire en des termes compréhensibles).
Reprenons donc tout de Zéro et parlons à l'égale d'un historien comme Maurin, c'est à dire avec des images.

Le Singapour moderne est né d'une idée grandiose d'un Anglais visionnaire: Sir Stamford Raffles; dans une ses missives celui-ci écrit avec clarété en 1819: "In short, Singapore is everything we could desire, and I may concider myself most fortunate in the selection, it will soon rise into importance".
En effet, de la clareté, il faut en posséder une certaine dose pour piocher sur une carte du monde une des iles les plus sudistes de l'archipelle malais, une des iles les plus infectées de vermine vérolée (qui se souvient du Pont de la rivière Kwai) et envahit par une bande de manouches pirates à la solde du Dieu Océan, pour la terraformer en un port de haute importance stratégique, et d'en faire in fine un comptoire les plus riches de l'EIC (British East India Company), et aujourd'hui du monde moderne présent. C'est cela avoir une vision et ne pas se contenter de transformer les actions des humains en process ou procédés par des moyens politiques détournés. C'est cela avoir une vision, bande de crétins de Faurecia Méru.



Sans remonter à Adam et Eve, le nom de Singapour apparait pour la première fois au 17ème siècle dans les anales officiels malais où est relaté une histoire des plus étranges datant du 15ème siècle racontée par un contre-maitre-explorateur de Sumatra. Pénétrant une ile à la végétation d'une densité à la King-kong, Parameswara di Mateo, puisque tel est son nom, installa son camp de fortune près d'une petite source chaude en contrebas d'une montagne. Pendant une nuit noire de plomb, il fut visité par une créature à l'aspect de Lion à la toison de 3 couleurs, qu'il reconnut immédiatement comme une des figures de la mythologie hindue: Singa. Marqué par cet apparition, il décide d'appeler l'ile Singa et Pura, d'où Singapour.



Quelques années plus tard, la région sera conquise par les Portugais, puis par le Sultan du Johor, et l'histoire trainera jusqu'au 18ème siècle où les Hollandais y installèrent un port, le port si bien imaginé par une filmographie actuelle colorée et médiocre de pirates manouches édentés, d'explorateurs à la mine vérolée, de militaires défroqués et sabrés et autres larbins de bas étage pourris par le Rhum.


Lorsque Sir Stamford Raffles débarque en 1819, l'atmosphère géographique est hostile et la psychologie de l'ile est désastreuse, et infectée de tigres, d'une foret tropicale impénétrable, et d'un climat instable où les clameurs du ciel ne cessaient de défier l'espace et le temps. Mais, Sir Stamford Raffles possède l'ambition de ces hommes a qui leur pays d'origine n'a pas fait de cadeau, ces hommes revanchards d'un système par trop rigide, et décide de signer un contrat avec le Sultan du Johor, pour l'installation d'un comptoirs et d'une zone portuaire détaxée. C'est une révolution. Malgré la désapprobation des Anglais, l'argent coule à flot, et le succès financier est immédiat, et finalement en 1824 les Hollandais s'abaissent et reconnaisent Singapour comme une partie de l'empire britannique. Bien joué Raffles.

Le temps passe, et Singapour gagne encore en importance à la fin du 19ème avec l'ouverture du canal de Suez, et devient un passage obligé d'une route maritime nouvelle.

En 1941, patatra, pataques, car les Japonnais viennent bombardés le coin, et après avoir conquis la Malaisie, installe un régime de terreur à base de travaux forcés, d'éducation forcée, de l'application d'une administration des plus cruelles et raciales. Une période de malheur qui durera jusqu'en 1945 et dont le musée de la ville parle en encre rouge, rouge sang.
Après guerre, l'empire britannique de retour et affaiblie commence à lâcher du lest, et finalement Singapour devient totalement indépendante en 1963.


Voilà, tout est dit. La suite est moins intéressante car moderne.
On retiendra néanmoins les faits suivants présents:
- Singapour manque cruellement de territoires pour réaliser ses désires d'expansion.
Une solution est de gagner sur la mer. Ainsi, l'Indonésie livre une quantité incroyable de sable.
- Singapour est jaloux de ses voisins, d'une jalousie indécente,et surtout l'Indonésie qu'elle regarde de haut, du haut de ses tours bancaires, de ses casinos, de son ordre militaro-fiancio-dictatural.
- Singapour possède la folie des grandeurs, et une certaine arrogance.
- Singapour est la capitale des expatriés du monde qui y viennent gratter de l'argent sur le dos des déshérites de la région asiatique. En embauchant au lance-pierre, par exemple, des indiens, pakistanais et autre chinois pour l'œuvre de ses projets pharaoniques.
- Singapour est une démocratie libérale extrémiste.

En conclusion, pour la richesse du monde, il fait bon se promener à singapour.

jeudi 1 juillet 2010

Interview de Monique (Bandung)

Certains mots ne peuvent être écrits de peur de réveiller certaines superstitions que les gens de Sangkurian chuchotent en frémissant au font de leur chaumière lorsque la pluie gratte aux carreaux et le tonnerre gronde du coté de Tangkupan Perahu.
Cette interview a été réalisée ce week-end dans un bar de Bandara Husein Sastranegara et les quelques événements extranaturels s’étant produit ce Samedi en guise d’avertissement n’ont pas en apparence aucun lien de cause à effet : tempête, tremblement de terre et éclipse de lune


OB : Monique, on ne vous présente plus à Bandung. Pourtant pourriez vous en quelques mots nous dire qui vous êtes ?

Monique : Je suis né à St Nazaire d’un père général de corps d’armée, qui a participé aux événements du Liban, la crise de Sumatra et à la guerre du Golf, et d’une mère avocate au barreau de Nantes. D’éducation classique, j’ai étudié jusqu’en 1987 la philosophie, puis ai passé une thèse sur le droit social en Russie sous l’ére Brejnev. En 1988, je me suis expatriée en Indonésie qui était déjà à l’époque un véritable eldorado ; en tant qu’archéologue j’ai en outre participé à l’excavation des tombes du Ciumbuluit et ai défendu le projet d’une décharge à ciel ouvert sur ce site unique. Hélas, ce combat politique n’a mené qu’à la construction d’une chaine d’hôtels à ma grande désolation. C’est cette lutte initiale qui a forgé ma motivation de m’installer à Bandung, d’y vivre et surtout d’y créer mon travail, mon business.

OB : A propos de votre affaire, quelle fut votre stratégie et quels sont aujourd’hui vos objectifs.

Monique : Le business de Yaourt bio était à l’époque une incongruité sur Java. En effet, mon premier business plan monté au coin d’une table du Warung Celtic en 1986 a démontré que le modèle était viable si les profits cumulés suivaient une course en S de Gauss-Bangh. Hélas, le Produit brute par habitant de l’époque était largement inférieur au prix du lait.
C’est à cette époque que je me rapprochais du Consulat Français de Bandung, et de demander une audience auprès du directeur. Cette entrevu, et je m’en souviens encore des moindres mots, restera gravée à jamais dans mon esprit. Le consul de l’époque était une espèce d’Eric Champs croisée avec un Olivier Merle, m’accueillit les bras ouverts et m’expliqua pourquoi cette idée était juste et pourquoi ma motivation devait rester intacte malgré l’environnement hostile du pays et la bureaucratie endémique. Je me souviens encore aujourd’hui d’une manière vivide ses mots « il n’est jamais trop tard pour avoir de l’ambition ». Il me parla de l’Indonésie, de ses inquiétudes d’une croissance effrénée et mal contrôlée, mais aussi des charmes du pays.
Bref, je me lançais et vite acquis une certaine réputation. Le secret de ma recette est simple : « Tida petchil ». En effet, à la différence des Yaourt indonésien à longue conservation, je privilège les valeurs. En effet, je porte fièrement une étiquette de savoir faire à la française, ou le produit est roi et non trafiqué.
Aujourd’hui, ma vision reste intacte, c'est-à-dire de créer une marque : « Monique nano-molecular Yogourt », et de devenir l’équivalent d’un Danone en Indonésie.


OB : D’où vous vient cette aisance pour parler aussi bien affaire avec un agriculteur bio de Lembang, que de discuter avec l’intelligentia de Bandung ?

Monique : Tout est une question de savoir-vivre et de respect des valeurs. Ainsi, un gas comme Domenech n’a pas sur cerner son auditoire de joueurs multi-millionaires en rentrant dans le jeu du management par la contrainte, à la différence d’un Maradona ne possédant que sa gloire passée et son amour pour ses joueurs.
Il faut savoir s’adapter et adapter son adaptabilité, voire d’adapter l’adaptabilité de sa propre adéquation à l’inadaptabilité des autres. C’est cela que j’essaye de faire lorsque je m’exprime en public, en société ou sur le marché. C’est cette force qui m’a permis de comprendre l’essence même du mot culture.



OB : A propos de sport, pensez-vous que l’équipe de France de Basket puisse réussir aux prochains championnats du monde.

Monique : Tout est une question de dosage et d’esprit, avec au centre l’équipe qui est le dispositif. Au cours de conférences dont je fus l’invité, j’ai eu l’occasion de m’exprimer sur ce sujet. Pour manager une équipe, il faut savoir identifier l’individu dans l’équipe, mais aussi comprendre que le joueur le plus important est l’équipe.
Aujourd’hui, l’absence de Parker est une bonne chose pour l’équipe, car celui-ci canalisait trop d’influence dans le groupe et utilisait son palmarès comme paramètre sous-jacent. Bref, qu’il reste chez lui et garde son arrogance pour les plateaux télés américains abreuvés de burgers et frittasses huileuses. J’ai d’ailleurs une conviction que la NBA a détruit une génération française de joueurs talentueux en les pervertissant. Est-il normal qu’un rooky prenne 20 kg de muscle en une saison ?
Enfin en note positive, je vois arriver des jeunes qui en veulent comme Noah en pivot, un joueur qui coure le 20m en 3 secondes et qui mesure 2m10 est un joueur que l’on doit respecter. A ce propos, il fait parti de ma base client , ainsi que Di-Nanto, Carminati, Paparanbore, Busi, Niang, Benazzi, et Mandela.


OB : Et le réchauffement climatique.

Monique : C’est en effet un sujet dont je réfléchis assez souvent et qui m’occupe, puisque je suis entrain d’écrire un essai en collaboration avec Claude Allègre.
Ma théorie est simple, tous les paramètres sont inter et intra connectés : les cycles de l’eau, les courants atmosphériques, ceux marins, la couleur des terres, les rejets de gaz natuel, le CO2, les océans, les effets magnétiques, la géographie, et aussi des phénomènes extérieurs : les taches solaires, la rotation de la terre, effet de la lune, etc.
Tout est une question de dosage et de temps. Car, chaque paramètre s’exprime selon un ratio temps différent.
Dans tout cela, je n’ai pas parlé des dégradations de l’homme et l’humanité, car aujourd’hui l’environnement surpasse toujours celui-ci.
C’est une question d’échelle.


OB : Et le trafic d’armes

Monique : Ha, c’est un sujet dont je veux rester discrète. Je possède certes un petit AK47 des familles dont je me sers de temps en temps pour tirer quelques pigeons au font du jardin, mais sans plus. Il faut que vous compreniez que l’Indonésie peut être dangereux, très dangereux si certaines règles ne sont pas établies. Mais, rassurez vous je ne porte pas tout le temps une arme. A ce propos, je suis d’ailleurs 3ème dan de Kung-fu, et possède une maitrise de boxe française. J’ai d’ailleurs effectué quelques entrainements avec Vincent Moscato qui lui aussi appartient à ma base clientèle de France, comme Yannick Noah, Alain Delon, Marion Cotillard, Pierre Richard, Augustin Legrand, Bernard Blier, Di-Meco, Angelo Parisi, Carlos Valdérama, Bourvil et Michel Serraud.
Enfin, je possède un vieux FAMAS chargé avec des balles traçantes 6.67, mais qui ne ferait pas de mal à une mouche, mais ont un effet magnifique dans le ciel de Bandung.


OB : On dit que vous possédez la bibliothèque la plus vaste de Java ? Dans certains milieux non autorisés, on parle d’œuvres rares et de quelques 8000 volumes ?

Monique : C’est faux, entièrement faux. Ce ne sont que calomnies, rapportées par des individus sans scrupule. J’en connais d’ailleurs un au Ciumbuluit qui repend sur mon compte les rumeurs les plus fourbes.
Sur ce sujet, je fais d’ailleurs preuve de transparence, puisque je possède une bible dédicacée par Jean XXIII, et c’est tout sur ce sujet, et même l’interview. Bonsoir.

vendredi 28 mai 2010

Relooking Bandung

Marcher pieds nus dans les rues de Bandung apporte des sensations inconnus qui font naitre l'imagination et les pensees nouvelles; tenez par exemple si l'on parlait d'un nouveau Bandung, non d'un retour vers les temps glorieux de nos ancetres, mais d'un Bandung reconstruit, net, ideal et precis.

La circulation
Comme un fil rouge eternel, les rues de Bandung sont bondees de motos chinoises, mobilettes japonnaises, voitures violentes, et d'un magma de pollution enveloppant la ville le matin venu jusqu'a la nuit noire et profonde. Les rues sont etroites et sont vite comblees le jour venu par ses entites sales et infames que nous venons de decrire plus haut et qui creent le cauchemard des politiciens locaux (politichiens comme dirait l'ami de Gaulle) en mal d'idees. Pour decongestionner (mot horrible qui devrait etre chatie de tout dictionnaire classique), les solutions sont simples: limiter le nombre de ces engins et augmenter la culture de la nature aux indonesiens, je cite donc V. Hugo dans les Travailleurs de la mer: "L'Atlantique ronge nos cotes. La pression du courant du pole deforme nos falaises ouest... La reverie, qui est la pensee a l'etat de nebuleuse, confine au sommeil, et s'en preoccupe comme de sa frontiere. L'air habite par des transparences vivaces, ce serait le commencement de l'inconnu... Que dit le vent? A qui parle t'il? Quel est son interlocuteur?"
Ainsi les idees pleuvent: augmentation du ratio repression/education routiere par la mise en place d'une police des routes et d'une legistation pour les voitures et hancokt poubelles, peages pour les gens de Jakarta qui nous emmerdent le week-end venu de leur comportement proche de Titis parisiens d'aujourd'hui, installation de voies pietonnes et ciclables, des jours sans voitures, ouverture d'une voie de transport Air via des Busi-bedus mongolfier (brevet international depose), interdiction de l'Hancokt et autres Hchets.

Les nasi goreng et autre Sate
Nourriture bon marche, ceux-ci sont souvent cuisines a l'envers du bon sens. Au creux de routes polluees, et des egouts infestes de vermine, le Warung du coin cuisine dans une huile frolatee et coupee a la parafine, nettoie ses couverts dans une eau noiratre et croupie ou le matin il s'est lave les pieds, grille ses grillades au feu de morceaux de polystirene expanses, et de mechants cadavres de rats.
Enfin, l'ennuyeux est l'utilisation de glutamate en tant que renforceur de gout qu'il sait meler a tous ses plats: produit cancerigene par excellence.
Oh, Bandung du haut de tes certitudes insconscientes, j'ai honte de tes traditions qui deforment tes esperances. Ou sont les poulardes braisees, les poulets rotis et caramelises, les cignes croustillants et ses petites patates douces, et surtout ces cochonnailles farcies aux herbes de provenco-Lembang.

Les portables et la technologie
Instrument mortel car attaquant le porte-monnaie peu rempli de l'indonesien moyen, le portable est un outil dangeureux, qui provoque la soumission, la dependance puis la mort la plus tragique dans les souffrances les plus atroces.
Je cite de nouveau A. Malraux dans le Miroir des Limbes (la corde et les souris), juste la fin:"Mais depuis plusieurs jours, je differe de noter ceci. Les textes zen disent que le sentiment d'agonie qui precede l'illumination declenche le rire. Peu avant de perde conscience, j'ai vu mon chat Fourrure, et entrevu dans l'obscurite le sourire invisible du chat d'Alice au pays des merveilles. A l'instant de basculer (j'avais quitte terre) j'ai senti la mort s'eloigner, penetre, envahi, possede, comme par une ironie...".
Le portable tue non seulement le cerveau en le faisant frire de l'interieur, mais aussi la joie communicative de l'indonesien qui est sans doute le peuple le plus positif du monde, puis detruit tout espoir en un pays meilleur et d'une jeunesse dynamique. Il faut savoir d'autrepart ecouter Balou du haut d'une connaissance technologique tetra-tentaculaire et qui a abandonne il y a des annees la technologie du portable comme objet d'asservissement.

Neanmois, malgre ces quelques remarques, Bandung reste la ville avec un grand V, ou l'etranger peut comprendre les impasses de sa civilisation. Je finirai par une question reponse d'une Anglaise imbibee rencontree hier au cloud 9 et qui resume le pire comme le meilleur mais donne du sens:
- Are you Western?
- No, I am Eastern, repondis je avec un accent du sud de York.

C'est ainsi, et que cela soit ainsi.

vendredi 7 mai 2010

Le fight club du Vendredi soir de Bandung

Il faut revoir ce film de David Fisher, a moins que ce ne soit celui de David Fincher, dans lequel le heros (Eduard Norton) transforme son insconcient en realite, en affrontant cette societe de l'apparence, non comme une critique du monde occidental, mais une image de cette societe qui nous transforme sans le dire par effet social. C'est pour cela ici que les mots sont forts et peuvent blesser.

En Indonesie, le fight club n'est autre que le sport national appele badbinton, dans lequel un groupe de joueurs s'affronte via une balle (un volant) dont le frottement dans l'air provoque un ralentisement. Ici, tout est dans la nuance, et biensur le volant n'est autre que le symbole de la giffle qu'on assene violemment au renard argente, le coup de boule telescopique qu'on lui fracasse d'un mouvement vif de la tete, voire d'une manchette applique methodiquement a la base de son crane vide.
Le Badbinton est un sport national dont les indonesiens sont friants, de gamins des rues, au chauffeur des chemins, en passant par les directeurs chinois au grand coeur qui donnent des piecettes a l'opprime et l'orphelin sous les routes de Pasteur.
Les indonesiens ont d'ailleurs truste tous les titres olympiens et mondiaux depuis des siecles, grace a leur passion du jeu, d'un peu de glutamate dans leur bole nasi goreng kotor du matin venu, et surtout par effet bommerang comme dit plus haut.

Hier, a l'occasion du tournoi des Jiggeurs de Bandung organise par Hermasiah Johar, la bataille fut intense avec un 3eme set remporte a l'usure et la motivation et ce malgre un deficit de 5 points dans le money time. Tout s'est joue sur un smatch vulgaire envoye entre les 2 joueurs qui provoqua un effet "ane de Buridan", et le centieme d'hesitation qui permit une montee rapide au filet et un contre appuye entre les dents des malheureux.
Bref, 15-13 au final et les felicitations des rois et reines de Bandung venus applaudir des points venus de l'au dela et plus loin encore comme: tel cet amorti de smatch violent avec effet bois sur le bord de la raquette, ce volant volant dans les airs et emvoye hors du terrain par un souffle violent, ou encore ce jet de raquette aveuglant le protagoniste.

On recommendra donc a l'expatrie de s'interesser a ce jeu, avec l'ambition du combat, et du reglement de compte, la grandeur de la transcendance, et surtout la soif de la victoire.

Car il est de renommee mondiale que seule la victoire est belle.

lundi 3 mai 2010

Fantômes de Java

En Indonésie, sur l’ile de Java, à Bandung, il y a des sujets dont on ne parle pas avec facilité, surtout aux étrangers de passage. Ces sujets sont sensibles et touchent une corde de l’esprit des autochtones. C’est pour cela qu’aujourd’hui, j’hésite à aller plus loin dans ces propos qui risquent de compromettre le fragile équilibre de la vie ici à Bandung, et risque d’entrainer des perturbations psychiques introlées.



Pour être moins précis que je ne devrais l’être, remontons à une visite familiale effectuée il y a quelques semaines dans le Nord… de Sumatra chez une grande dame de ma famille dont l’éloquence et la psychologie en font une référence de sagesse et d’intelligence, et dont le talent le plus important est de sublimer autrui à travers l’écoute. Bref, quelqu’un à qui on ne raconte pas des sornettes et où le débat ne traine pas au ras des pâquerettes.
Ce jour, alors que la conversation se dirigeait vers sa mère disparue depuis des décennies, elle raconta qu’à la fin de sa vie, atteinte par la maladie, dans l’incapacité de parler, celle-ci restait assise sur un canapé et ses seuls moments de retour à la surface se diffusait lorsque son entourage chantait, alors comme une communion d’esprit elle reprenait des marques de lucidité et son regard se faisait clair. Il y a quelques semaines à l’occasion de l’anniversaire de ses 4 fois 20 ans, une grande fête fut organisé et bien sur des chants, de nombreux chants autour de ses enfants, ses petits enfants et même arrière petits enfants ; et ceci tard dans la soirée jusqu’au moment où de l’autre coté de la maison un fracas épouvantable de verre cassé fit stopper net tout le monde, il ne fut pas long à trouver le portrait de sa mère rangée depuis des années sur une étagère et qui se trouvait de l’autre coté de la pièce en mille morceaux.




Bref, parler de ces choses nous fait rentrer dans un terrain inconnu, un terrain des plus dangereux, et je ne devrai pas vous parler des rumeurs du Sensa Hotel et des phénomènes étranges et particuliers qui y ont lieu, ou plutôt y eurent lieu, dont je fus l’involontaire témoin, à moins que cela ne fût plus compliqué.
Tout commença un matin, un simple matin un peu gris comme on peut en saisir les contours en fin de saison des pluies, bref un matin de début de mission par forcément au top de sa forme et je regardai sans pensée le flot de la rue au loin, les futures bâtiments en construction du Seawalk, une vue à peu près comme la photo ci-dessous, et aussi quelques balayeurs ici et là ramassant les feuilles de la nuit, et autres branchages ; bref du classique. Pour vous situer le cadre, le Sensa Hotel est d’architecture un peu difforme avec des courbes de géométrie non slamétienne, et surtout une entrée un peu cathédrale, dont la voute n’a aucun rapport avec celle du KP4 car étirée selon une concavité non développée de rayon 5. La salle de déjeuné est de configuration des plus allongés, et une mezzanine vient border une piscine en rase-motte, si bien que le nageur a l’impression de manger du nasi goreng en crawlant. Enfin, la salle de musculation plus loin est un immense pavé orange planté, comme une relique de France des années 70. Bref, vous l’aurez compris un mélange des genres qui peut mettre mal à l’aise au mieux, fait naitre un sentiment de vertige au pire, et qui ne laisse pas indifférent en tout.

Avant d’aller plus loin, je citerai André Malraux qui vit aujourd’hui à Bandung, et qui, à l’occasion le mois dernier, d’une bière au MU de PVG (au Manchester United du Paris van Java pour les autres), n’hésita pas à affirmer, malgré les protestations silencieuses des Lolo2, et dans un dalam bahasa indonesia un peu hésitant : «La ville la plus habitée de ce coté d’Asie est sans nul doute Bandung. J’en eus la révélation il y a une vingtaine d’année lors d’une balade nocturne de conversation politique avec R. Folco. Je ne puis cependant en dire plus tant les effluves psychique peuvent influencer mon jugement. ».

Et ce matin là, alors dans l’attente du 4/4 Nissan de Freddy Carlos-Bangh-Ghosn, j’apercevais à travers la chevelure des branchages du gigantesque eucalyptus, dominant de son envergure et sa toison verte tous les super-héros du Chiampelas, un homme assis sur une branche au plus haut. Immédiatement, il me fit signe et je reconnus avec quelques effrois une figue mythique des croyances du coin : le Herry Sismoyou en personne. A ce sujet, Flo di Pagnol dans son nom moins fameux Herry des balais le décrit ainsi : « Ta couillonnerie est si profondément incrustée en ton être, qu’elle doit être identifiable à ton ADN. Ainsi, tu la sèmes à tout vent, jusqu’à l’international, et au fur et à mesure que tu t’éloignes, on l’impression que tu te rapproches », et encore « Si les couillons étaient dans l’orchestre, tu serais capable de jouer ta partition de pipo à l’envers, et contaminer en moins de rien toute la mélodie », et toujours « Tu rassembles non seulement un concentré de bêtise sur des générations, mais tu transcendes ce niveau pour atteindre l’inconnu : à savoir l’intelligence de la couillonade ».

Ainsi, les fantômes de Java sont présents autour de nous, près à pénétrer notre inconscient, et changer nos humeurs. L’occidental devra apprendre à se méfier et anticiper l’anticipation (Ref. T. Omeyer, champion du monde).

vendredi 23 avril 2010

Alice au pays des merveilles de Bandung

Heureuse qui comme Alice di-Slamet se promenait dans la campagne Bandunienne, et voyageait d'hancook en handcok vers sa destinee. Ce matin, du 1er Mai, apres une balade campagnarde dans la jungle de Dago, elle s'arreta quelques instants au CCF -Centre Communautaire francais-, et prit un cafe en compagnie de quelques indonesiens de passage.
Le temps n'etait pas a l'orage et quelques feuilles d'automne voletaient legeres autour d'elle. L'atmosphere du cafe etait paisible, et en ce 1er Mai, fete international du travail, elle apprit sur le Jakarta Post local, qu'en Indonesie, il y eut 110 millions de travailleurs dont 40% de sous-employes, et 30% ne possedant aucune securite sociale. Elle enregistra aussi la presence de 8% de chomeurs, chiffre assez supprenant qui l'affecta.
Au loin sur la terrasse artificielle face aux classes sociales aisees, elle entra-percut l'ombre du consul, mais n'osa pas avoir une pensee, une phrase, un mot negatif, car il etait dit que l'homme pouvait lire les esprits.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, dont le bon Florian auquel il faut avoir une autre pensee en ce jour de tournoi annuel internationnal a Balipapan, et qui du haut de son metre 95, et de ces 105 kg aime a ecraser de l'expatrier anglais comme souvenir de la guerre de 100ans; Alice est la fille bien-aimee du celebre Slamet Rhaharjo, directeur du controle des AOV ex-MK1 de ECOM205 a PTDI, ce qui n'est pas peu dire.

Alors qu'Alice sirotait un bon expresso, une ombre croisa le coin de son regard, une ombre folle, une image parallele, presque irreelle: un lapin blanc, que d'instinct de survie elle suivit dans les meandres obscures et cripturaux de la bibliotheque: elle croisa Malraux, Montesquieux, Chateau-Margaud 1953, et surtout Jean de Florette, avant de s'arreter devant l'infame et sulfureux Cesar de Pagnol, livre ridicule car confondant vitesse et precipitation que son auteur a reussi a bacler en 2 mouvements. Le lapin blanc etait la devant elle, et sourit en regardant sa montre Alice Christie 1945. Elle avanca un pas supplementaire et s'evanouit comme dans un reve dans un tunnel obscure ou elle croisa des pianos, des tetes de con, des rires d'enfants, des feuilles de papier, des rivieres noires.
Alice s'eveilla dans le hall du CCF, en pleine nuit. Dehors, elle n'entendit meme pas le flot de population, pollution, cracheurs de rue, crieurs, bouilleurs d'enfants, et autres Warun habituels. Etrange. Toutes les portes etaient fermees, et evidemment elle trouva sur un bureau une bouteille avec l'inscription: Silakan minuman, et un morceau de machin blanc. Elle gouta aux deux, l'un offra le gout de mauvais nasi-goreng, l'autre de Bintang sulfuree, si bien que son ventre se mit a gargouiller furieusement: elle etait entrain de faire une Balou (nom d'une celebre maladie inventee par le celebre Balisoni, inventeur en 2018 de la machine a remonter la poutre de queue 332). Prise de violente douleur, elle deglutit l'infame melange sur un autre classique de Pagnol: Marius qu'elle transforma en eponge, toute en ayant cette effroyable sensation de grandir, puis de rapetisser. Elle sombra lagi.
- Es tu la vraie Alice?
2 jolies Orang bule etaient face a elle, presque trop lumineuse pour etre vraie, mais surement des bules vue leur profil. 2 filles: une grande brune, une moyenne blonde.
- Bien sur que je suis la vraie Alice, et de toute facon cela est mon reve, et vous n'etes que des clones de mon imagination.
Les 2 francaises sortirent un vieux sachet de nasi-goreng et commencerent a se partager cette pitence, tout experimant de l'interet et de la compassion, a moins que ce ne soit de la pitie.
- De quoi parle t'elle?
Alice rougit et son sang ne fit qu'un tour: J'ai l'impression que je suis tombe dqns un piege un piege a con.
Elle ouvrit les yeux et regarda la bibliotheque qu'elle decouvrit sous un nouveau jour malgres les tenebres environnant: des Tom Clancy, des Philipp K. Dick, des Ray Bradbury...

Conclusion: Laurent et Laurie sont ici. On coupe. Bonne nuit.
En outre, il faut dédier ces lignes à notre amie Elvie qui a passé quelques mois à Bandung et qui aujourd'hui se balade sur d'autres cieux français.

vendredi 16 avril 2010

Bandung in the pocket

La nuit venue, les routes de Bandung s'annoncent dangereuses et pleine de pieges dont l'Occidental devrait se mefier et prendre garde. On parle de zebrures dans le ciel; dans les rues sales et les egouts des desherites, l'eau coule des pluies torrentielles du haut Lambang et pourtant on signale moult faits divers dont les journaux d'ici parlent peu: bandistisme, cambriolage, cambriole, pickpocket, carjacking, meutres, voire pire.
Bref attention.
Ici, le cout d'une vie est estimee a 1 millions de rupiah, ce qui represente 75 euros, somme astronomique et correspondant a un mois d'un SMIC indonesien.
Les cambriolages sont classiques et qui ne pas raconte la visite d'un appartement par 8 individus, et son decapage en regle; l'histoire n'en reste pas la, puisque les suspects ne sont autres que les travailleurs saisonniers au noir qui ont realise les travaux du dit-appart.
Autre exemple, et conseils car on se dirige vers cela, ne jamais laisser de la valeur dans sa chambre d'appartement, qui n'a pas raconte cette histoire d'etre tombe nez a nez avec un groom entrain de photographier les cartes de credit.
Puisque tout s'enchaine, etre pickpocket a Bandung est un business florissant dont les hankooks sont un centre nevralgique avec des bandes organisees a plusieurs dimensions: le rabatteur, le distracteur et le voleur, voire la foule.
Enfin, les rues sombres du haut Bandung,voire de l'aeroport sont les cibles des carjackeurs qui n'hesitent pas a casser du verre pour recuperer le sac offert.
Enfin d'enfin, le quartier de la mosquee possede sa petite renommee dans le rassemblement de bandes de jeunes detrousseurs de petite volee mais assez efficaces dans leur genre.
Bref, il ne faut pas melanger tous les sujets, les quartiers chauds de Baundung valent bien ceux de zones nord de Marseille, avec des differences de tactique et technique, mais in fine des resultats tout aussi positifs et lucratifs.\

La vraie question est judeo-chretienne, voire morale: doit t'on se pourvoir de vengeance dans le cas d'un tel mefait?
La reponse semble evidente, mais oui l'evidence pure alors pourquoi la poser?
Bref, pour celles et ceux qui decrivent un visage angelique du coin, je les renvoie a leurs etudes, celles de la vie ou la convoitise de l'argent, de l'imbecilite, voire de l'injustice mellent beaucoup de parametres et se dirigent vers ces situations brutes de decoffrage.

On ne saissera donc d'etre vigilant, d'etre genereux mais pas naif, c'est le font qui manque le moins a ceux qui possedent ces qualites rares que sont l'intelligence des situations, l'entreprise et le courage.

mercredi 7 avril 2010

Twist again à Bandung

Après un long sommeil de 3 mois en terre française -certaines personnes éduquées appelleront cela une hibernation-, l’heure a sonné pour remettre le pied à Bandung.
Rien n’a changé, et les minarets miaulent toujours vers 4 heures du mat ; et pourtant dans l’atmosphère sereine de cette fin de saison des pluies, une zébrure dans ce paysage serein semble modifier légèrement la perception.

Le plus simple est de remonter à 1945, où un jeune gars un peu militariste sur les bords et à la tête d’une belle milice parla de démocratie un AK47 dans une main et un kriss dans l’autre. Ces mots sonnèrent si forts que quelques années plus tard, il fut élu président d’Indonésie. Ce monsieur s’érigea en père fondateur d’une nation du haut de belles idées démocrates, laïques et touti quanti. Sukarno. Monsieur Sukarno. Ce Monsieur n’a pas fondé un business, mais infiniment mieux une nation, oui une nation. Diantre.
Et pourtant, quelques années passèrent comme une pluie dégouline un samedi les rues de Ciampelas, et des crevasses apparaissent dans ces belles fondations, et le bon Sukarnosi décide donc de lancer un nouveau concept de démocratie dirigée, en gros une petite dictature.
A cette époque, je m’en souviens encore avec émotion, on dévalait les rues de Lambang comme des chiens fous, jetait des cailloux sur les faux policiers du Ciumbuleuit, et lançait des « apa kata untuk » à la face des chinois du Setiabudi.
C’était la belle époque, et nous ne le savions pas, aveugles que nous étions au jeu politique du Ying et du Yang.

L’Indonésie change et ce n’est ni la crise, ni à cause de la concurrence exacerbée de Bell ou Sikorsky, ni celle du dollar qui baisse, ou du Yen qui ne veut pas se réévaluer, mais autre chose plus subtile dans l’atmosphère. Une zébrure vous dis-je ou comme pourrait le dire Alain Rémond qu’il ne faut pas seulement lire pour sa chronique à Marianne, mais pour ses lectures.







Le week-end dernier, les rues de Bandung étaient habituellement envahies par les effluves denses des échappements, et la circulation des mobylettes et autres vespas dévalait en flux continu tel la circulation sanguine dans un corps inerte et gonflée à coup d’hormones et de virus imbéciles. Je me rappelle avoir souri et retrouvé le Bandung puant, dégoulinant la suie, et le vacarme assourdissant des chanteurs de rues, des mendiants aux mains sales, des Hancoks crachant une fumée noire, et ses conducteurs fumant en direction d’un cancer des poumons d’un jour d’après.
Ce sourire, que l’on ne m’y méprend pas, n’est ni un sourire de joie, ni de peine, ni exprimant un quelconque sentiment, mais s’apparente à un rictus, une phase d’esprit se figeant sur un « déjà vu » qui provoque cette sensation de confort.
Alors, les nuages s’épaissirent et couvrirent l’horizon du pont de Pasteur, et le tonnerre gronda, et tout vibra et gronda de nouveau en cœur en renvoyant cet écho au plus profond des âges, des temps. Quelques regards tombèrent lorsqu’un éclair fantastique illumina la couronne du ciel entre le tunnel et la clarté sombre du volcan de Bandung au loin. Parfois, derrière certaine image, une musique pénètre l’esprit et donne un sens au banal pour le transformer, le terra-former, le sublimer et enfin lui donner un sens nouveau et inconnu.
La pluie se mit alors à tomber fort sous le pont, d’abord quelques gouttes puis un torrent.
« There is another place, another univers, another time, where, you indonesians, can live in Peace and Peaceful », un jour quelqu’un viendra, un sage au regard pénétrant, à la carcasse d’Eric Champ, à la technique de Joe Jackson dans ses meilleures versés musicaux, à la tectonique du grand Tazief capable de se réjouir face à un volcan colère ou au contraire de gronder à la facilité des siens s’attardant un peu trop sur l’ordinateur et la communication évasive au lieu de se concentrer sur l’humain et le terrain. Cet être sera étranger au pays, à la culture et à tout cercle d’influence, ce qui lui donnera la neutralité suffisante pour faire preuve de modestie et d’apprendre.
Bref, ces mots m’ont été soufflés par une vieille indonésienne, alors que les jambes trempées jusqu’aux os du genou, un torrent de boue dirigea mes pas jusqu’au Seawalk.

Je finirai par quelques mots de Jim Harrison, qu’il faut lire à travers la nature : « Stanley Kubrik était un homme fascinant qui, à son grand dégout et malgré tous ses efforts, n’a pas réussi à m’apprendre à jouer aux échecs. Il avait toujours un journal coincé dans son blouson rouge à la James Dean qui ne convenait absolument pas à sa silhouette massive. Au moindre trou dans la conversation, il sortait ce journal pour le lire même si, comme je l’ai remarqué un jour, ledit journal datait parfois d’une semaine ».

Ainsi, l’Indonésie n’a pas rendu l’âme, et malgré tout ici les agneaux dansent avec les loups, et l’inverse aussi, lorsque des grandes Cadillac noires dévalent les rues, et les nantis aux lunettes et au pardessus noirs lancent des business comme on lance une pierre en l’air.

Et, pourtant une zébrure, il y a une zébrure dans le ciel.





dimanche 14 février 2010

Curiculum vitae errare humanum est

Voici le parcours qui m'a mené jusqu'à ce blog:

- Juin 95: emploi de banlieue malsaine parisienne.
Sujet: étude du tremblement du batiment suite à la chute d'objets lourds. Fermeture de l'usine: 2 ans plustard pour de mauvaises raisons.

- Juin 96: écoute d'un discours de Georges Frech à l'occasion d'une fin de cycle. 3 heures d'histoire, de géo-socio-déliro-politique et aussi d'égo frechien.

- Decembre 96: jardinier d'hiver et de poussières diverses en Antartique au sein de la base russe Z345.

- Mai 43: marche de nuit en Bretagne centre, puis coup de main au Fort de Pintièvre. Capture d'un régiment ennemi, qui n'existe pas (Cela me rappelle un titre d'Enki Bilal)

- Septembre 1897: interview au milieu de la foret des Vosges pour un journal local, convocation pour faute grave au quai d'Orsay. Ils attendent toujours.

- 1999: Coupe du monde de rugby. Un autographe de la petite cousine de Jona Lomu, et la fameuse demi-finale perdue pour une australienne.

- Decembre 2001: Emergency first aid (NUCO)aux Hawks d'Huntingdon. Défaites contre les pirates d'Angleterre (une uggly team de joueurs grecs, turcs et yougo de l'université de Cambridge), la Royal air force américaine et le team de Mike Ashmead.

- Octobre 1905: Quelques heures de course à Vannes. Conversation limpide, course épuisante, et record du monde battu en 1:33 minutes et 15 secondes, par tour.

- Novembre 2006: Interview de F. Hollande. Forte conversation musclée avec D. De Monvalon.


- 19 ème transbaie: course dans la boue, baignade dans la Sommes, dérive jusqu'au Laos.

- Coupe du Monde 2007. Pas champion du monde. Un ton en dessous en matière de sympathie par rapport à 99. Bof, comment l'argent pervertit un beau sport.


- 20ème Transbaie. Boueux à souhait. Comme la boue enjolit un beauy sport.



- Aujourd'hui: ce post

En attendant la pluie des origines











On se tait, on regarde et on écoute.

Les animaux célèbres d'Indonésie

Outre une immense araignée noire comme une main qui me surpris une fois dans une maison, et une autre au corps plus long dans une jungle de passage, les animaux de Bandung ne m'ont que peu impressionné.
Ainsi, dans cet opus animalier, nous ne parlerons pas des etres captifs du zoo de Bandung, conservés dans un état pitoyable dans des cages sales et putréfiées, voire momifiés comme ce serpent de paille d'une dizaine de mètre au plus profond de la zone musée.
Nini.
Ni des chimères qui peuplent les régions éloignées du Bandungshire: yétis, homme singe des bois et autre présidentiable.
Ni des rats d'un soir, dont nous avons pu apprécier de près la fourrure dans un restaurant que je ne ciretais pas en face du MacDonald de Dago.
Ni de ces lopophores que certaines personnes célébres d'expatriation entendent ramper et gratter les nuits noires.
Concentrons nous sur le paisible et le beau:


Cette horde de petit moucheron est née après une pluie de Novembre et s'est mise à tournoyer espièglement autour des lustres à néon de l'usine des outillages du batiment des structures de PTDI de Bandung d'Indonésie de Java.
Ces insectes ont leur intelligence de groupe et savent par effet de champ perturber le prédateur. Car mes bons amis, lorsqu'il y a un banc de sardines, il y a toujours des requins, des dorades, des marlins ou des espadons des profondeurs attirés. Ce jour, ce fut d'immense chauve-souris parcourant habituellement les longs couloirs du batiment des structure dès que la nuit souffle.



Un jour de colère (pour quelques broutilles technico-tactico-boulot), je sortis prendre l'air alors que l'humidité s'intensifiait en prévision d'une averse collossale habituelle. C'est à ce moment ultime que l'on peut découvrir et entendre les bestioles sortirent de leur antres pourries à la recherche d'air.
Ici, un 1000 pattes géant entrepris de traverser mon champ de vision et de me regarder. Je lui jetais immédiatement un stylo pour la photo. Bref, parfois la colère peut sublimer l'observation.




Enfin, parlons du plus célèbre lézard de ce continent et peut-etre du monde. Le gecko (ou Gko, voire djkko). Alors que son cousin de méditerranée est en voix d'extinction (malgrè les efforts de notre président Sarko qui intervient au plus souvent pour sa défence chaque fois qu'il traverse la belle Provence et en a fait un emblème pour les prochaine présidentielle), le cousin de Bandung se porte bien puisqu'il pullule partout: dans les couloirs de l'hotel, dans les chambres, dans les halls, sur les marches d'escalier, dans les ascenceurs.
Partout.
Sa vitesse est toujours calquée sur une rapsodie de Gershwin, et ses heures de prédilection sont nocturnes, son cris est l'équivallent d'un croassement mélé au chuintement d'une télé française ridicule.
Bref, du tout bon.

Du tout bon d'autrepart, que le formidable écrivain R.C. Wilson a su dépeindre dans son chef d'oeuvre d'anticipation: SPIN dont voici un extrait: "Tout le monde tombe, et nous atterrissons tous quelquepart. Nous avons donc loué une chambre au 3ème étage d'un hotel colonial de Padang, où personne ne nous remarquerait avant un moment. 900 euros par nuit nous ont permis d'obtenir tranquillité et balcon avec vue sur l'océan indien. Par beau temps, ce dont on ne manquait pas depuis quelques jours, on apercevait la partie la plus proche de l'Arc: une ligne verticale couleur de nuage qui ne cessait de s'élever sur l'horizon jusqu'à disparaitre dans une brume bleue. Un spectacle impresionnant meme si on ne voyait en réalité, de la cote ouest de Sumatra qu'une fraction de l'arc tout entier..."

jeudi 11 février 2010

Ce soir, il neige à Bandung



Ce soir, il neige à Bandung et 10 millions d'Indonésiens regardent les flocons comme des grosses poussières dansées dans la nuit.
Ce soir, tout le quartier est de silence, les voitures sont immobiles, l'iman a appelé à la prière et les anciens regardent les hauteurs de Lambang avec inquiétude.
La météo n'a pas prevenu, ni toute autre organisme d'ailleurs.
Près de l'hotel Ciumbuluit, une jeune mère traine son enfant qui ne pleure pas. Les petits indonésiens ne pleurent pas et comprennent ces choses avant les vieux européens comme nous.
Il a commencé à neiger vers 19:00, exactement lorsque la nuit est tombée, et toute la journée fut ponctuée des plus étranges rumeurs lorsque le ciel s'est coloré de rouge, de jaune puis de gris.
Je pense à une sorte d'effet optique, j'en ai parlé à ma voisine moldave qui ne m'a pas répondu et a commencé à faire ses valises.
D'ailleurs, beaucoup d'Indonésiens des quartiers nords: Cidadap, Coblong et Kidul ont improvisés des sacs de fortunes et entamer une marche vers le Sud.
Des nomades comme dirait J. Nieuviarts.
Nous, français expatriés ou en mission connaissont la neige, sa blancheur et le linceul qu'elle peut etre pour celles et ceux qui la bravent.
En France, il ne comprennent pas l'ampleur de ce phénomène et d'ailleurs minimisent.
C'est bien un argument à la Science Po de diminuer ce qui est hors de son cercle d'influence. Car la nature ne fait pas de cadeau.

Déjà, 15cm dans les rues et les flocons s'accélèrent legers, lents et souples à la fois. Je frissonne en dévorant mon NasiGoreng à l'abri d'un restaurant de fortune.
Un détail, car tout cela est réel, cette neige n'est pas froide et sa texture est aussi douce que de la plume.
Que penser? Qu'etre? Que devenir?
C'est quand meme une histoire de fou cette neige, qui n'en est pas une et qui s'abat par paquet comme au ralenti, comme un film du début du 20ème.



Je frisonne et pense à ces mots qu'H.G. Wells a écrit il ya plus de 100 ans, et je les fais tourner dans ma mémoire comme une prédiction à rebours "Je vais à Londres; je me mele aux foules affairées de Fleet street et du Strand; et ces gens semblent etre les fantomes du passé, hantant les rues que j'ai vues silencieuses et désolées, allant et venant, ombre dans une ville morte, caricature de vie dans un corps pétrifié".
Tout à l'heure la lumière s'est tue et un grand murmure est monté du Nord ou plutot de la haut dans le ciel. Comme le grognement d'une bete géante.
Quelques éclairs n'ont pas montré l'origine de ce nouveau mystère, mais les visages égarés des Indonésiens dans le hall de l'hotel. Il n'y a pas eu d'electricité toute la journée et nous sommes comme coupés du monde , car toute onde semble ne plus voyager dans cette purée de pois, et rebondir sur cette couche nuageuse, ce magma de nuage presque solidifié au dessus de nous.

Je ferme les yeux et pense à mon pays, mes amis, mes proches, tout est loin desormais, les souvenirs de couleur s'éloignent et disparaissent.



Nom : Kelut
Région/Pays : Java / Indonésie
Lat./Long. : 7.93 S/112.308 E
Alt. : 1731 m
Les éruptions volcaniques du volcan Kelut. Retrouvez l'historique des éruptions et l'activité du volcan Kelut décrite éruption par éruption :

Date de l'éruption : Du 10-02-1990 au 00-03-1990

Résumé :
Les signes précurseurs de cette éruption se manifestent dès la mi-novembre 1989 par une augmentation de la sismicité qui devient, certains jours, dix fois supérieure à la normale sur ce volcan. Fin novembre, et durant tout le mois de décembre, la sismicité est à nouveau presque normale, mais elle s'envole à nouveau les seconde et troisième semaines de janvier 1990, cette fois accompagnée par une augmentation de la température du lac intracratèrique. Celui-ci passe de 32 à 38°C fin janvier, puis monte encore jusqu'à 41°C le 07 février. Les mesures de Ph du lac, effectuées le 08 février, montrent qu'il s'est acidifié, passant d'un Ph de 4.9 à 4.2. Les hydrophones placés dans le lac enregistrent à ce moment-là trois fois plus de bruit que la normale. Puis, dans la journée du 08 février, la sismicité et le bruit redeviennent normaux. Dans la nuit du 09 au 10 février, plus aucun des instruments placés dans le lac ne fonctionne. Dans la journée du 10, ce sont 60 000 personnes qui sont évacuées après les recommendations faites par le Volcanological Survey of Indonesia. Une première phase paroxysmale, phréatomagmatique, débute le jour-même à 11h41 et fait totalement disparaitre le lac. L'éruption atteint son maximum à 12h50, lorsqu'elle devient Plinienne, puis décroit jusqu'à 17h00. Le panache monte à une douzaine de kilomètres d'altitude, et est accompagné de coulées pyroclastiques qui parcourent jusqu'à 6 km de distance dans une vallée très encaissée ouverte sur le flanc Est. Celle-ci est comblée par un dépôt épais d'une dizaine de mètres. Les cendres retombent en abondance sur les villages de Blitar (25 km de distance), Malang (35 km de distance) et Nglegok (55 km de distance). Dans ces villages, des toits s'effondrent sous le poids des cendres volcaniques, tuant des habitants. Au total, ce sont 32 victimes qui sont à déplorer sous les décombres des toitures effondrées.

Lieu de l'éruption : Cratère sommital


Date de l'éruption : Du 19-05-1919 au 20-05-1919

Résumé :
Cette éruption est l'une des plus meurtrières qu'ait produit le Gunung Kelut dans les temps historiques. Elle débute violemment dans la nuit du 19 au 20 mai par une activité qui expulse hors du cratère la majeure partie du lac qui remplis le cratère sommital. Les lahars qui se forment alors vont recouvrire plus de 130 km² de surface cultivée et, en moins d'une heure, parcourir presque 40 km de distance. 104 villages sont rayés de la carte, et 5160 personnes trouvent la mort. Le panache, formé par cette violente activité phréatomagmatique, est suivi de retombées de cendres répértoriées depuis Bandung (500 km à l'Ouest) jusqu'à Bali (300 km à l'Est). Cette catastrophe incite les autorités de l'époque à prendre des mesures toujours en vigueur aujourd'hui. La première est la création d'un observatoire national plus connu sous le nom de Volcanological Survey of Indonesia (V.S.I.), et la seconde est un système de drainage qui permet une vidange permanente du lac. Ce système, terminé en 1926 et toujours en service actuellement, impose au lac un volume maximum de 2 millions de m3, réduisant ainsi la menace des lahars.

Lieu de l'éruption : Cratère sommital

dimanche 7 février 2010

Un détour à Bandung-bridge

Bandung-bridge est une ville merveilleuse, que peut-etre vous ne connaissez pas, mais dont j'ai eu l'occasion de parcourir en Juillet dernier.
Comme tous les 10 ans peut-etre, l'été y fut specialement chaud, très chaud et, faut-il y déceler une relation causale mais des évenements qu'on pourrait qualifier de Bizarres ont toujours lieu à cette époque et il est toujours difficile de les relater avec précision sans tomber dans le sensationnel ou utiliser des adjectifs inadéquois.


Mon voyage jusqu'à Londonkarta fut placide et la traversée d'un ciel tapis de moutons blancs ne fut pas impressionnant; l'arrivée le fut autrement à la vision d'une immensité nuageuse orageuse, qui créa la nuit en milieu de journée et le blanc lorsqu'un multiple d'éclairs me reveilla définitivement de la torpeur d'une foule de passagés plutot amorphes jusque-là.
Le train pour le Nord fut facile et délavé par la pluie, une pluie grasse s'infiltrant dans les compartiments voisins et finalement de lever les pieds et de les poser sur la banquette à coté de ma voisine, grand-mère de famille qui me regarda sans indulgence.
Londonkarta est une ville de brique et de rouille où ses habitants endettés sur plusieurs générations se rassemblent les week-end venus pour regarder le match du jour (Jokchelsea vs Arsenaldang) en buvant autant de bières que leur coeur peut le supporter, en révant de devenir des héros de la télé. Ce jour-la, Arsène Dadangger, un français expatrié depuis 10 ans ne fut pas assez d'éloge aux 3 magnifiques buts de fluidité de son équipe d' "outilleur du ballond rond" comme il la nomme.
Arrivée à Borhamwood-les-Sumatra, je tombais sur un bus qui m'emmena à l'opposée de ma destination (j'apprenais plus tard qu'il y eut le meme numéro pour 2 trajets différents; et me fit interpeller le chauffeur "What's the hell in Indonesia?").


Enfin, j'arrivais à destination où je fus accueuilli à grande clameur par Samantha (la cousine de S. Fox) et Morris, et nous partimes en Lotus directement vers Bandung-bridge, peut-etre la plus belle ville d'Indonesie après JokBandung.
Comment décrire cette ville universitaire en été où les étudiantes fraiches diplomées semblent habillées pour se diriger vers des théatres de Shakespeare en plein air, si ce ne sont quelques Parties; nous nous arretames comme au bon vieux temps au Quins, pub où j'eus l'instinct du PressLoad il y a une dizaine d'années et me valut une publication au GEC (Garbageman Educated College). Bref, de la nostalgie.
Je ne sais par pourquoi mais dans ce pub, entouré d'amis de longues dates avec lesquels le partage d'expérience de vie, je me sentais at home.
Je regardais à travers les vitres tamisées le soir tombé et les habitants se precipiter vers leur préoccupation et je me surpris à rire; un moment je devinais l'ombre de Carmen, expatriés allemande qui, un jour, après une éducation mouvementée aux 4 coins du monde: Arabie-Saoudie, France et une année à la Sorbone, puis l'Italie, definalement tombée amoureuse de cette terre, Giom et Claire aujourd'hui au Canada, Patrick adjoint de Mike et directeur technique de la Compagnie (qui fit la une des Hunt's post, en 2007 en tant que meilleur employé du Jakartashire), et Sue, l'Irlandaise la plus torride de ce continent.


Dans les voluptes des vapeurs de Guinesstang, nous discutames de toutes ces choses et ces mots du Nom de la rose d'U. Eco me revinrent à l'esprit comme une conclusion, comme un tout :"But this inability of mine to see is perhaps the effect of the shadow that the great darkness, as it approaches, is casting on the aged world. Est ubi gloria nunc Babilonia? where are the snows of yesterday? The earth is dancing the dance of Macabré; at times it seems to me that the Danube is crowded with ships loaded with fools going toward a dark place".
Peut-etre suis je l'un d'entre eux.

mercredi 3 février 2010

De l'autre coté du monde


Et voila, ce soir que les gens du Théâtre de Flers envoient un sujet bien difficile concernant les hautes terres indonésiennes de Bandung; et les quelques années de formation au Théâtre en l'air d'Abbeville St Lucien n'en suffisent plus pour répondre avec clarté à cette série de questions. L'autre jour, ce fut sur la rade du port autonome de Marseille que toutes ces choses furent avec vérité et sincérité posées; dans une atmosphère âpre d'un hiver trop rigoureux, dans la fatigue d'une marche d'une après-midi jusqu'à la Bonne Mère, et surtout dans ce dédale de rues iconoclastes d'un Marseille brillant puis pourri. C'est de cela que sont nées ces idées.

Qui tu es? L'art et surtout la musique et la mode sont présents à Bandung, aussi bien dans les rues où coulent un flot incessant de voitures de tout genre japonaises ou coréennes; mais aussi où suinte une saleté sulfuro-carbonique qui prend les bronches et vous rend asthmatique à la première descente en rappel de la Jalan Setiabudi. L'art de surprendre son auditoire lors d'un restaurant improvisé où le chanteur du coin à la voix rayée fut incapable de lancer un vieux U2 des familles, voire un "je ne regrette rien" de la regrettée Piaf. Pour répondre, nous sommes ce que notre miroir nous renvoie une image déformée telle ces masques de Venise, d'un coté souriant d'une manière machiavélique et de l'autre un triste sort de grimace. Nous sommes aussi ce que le jeu nous propose, tantôt le volant neuf et volontaire nage dans les airs et d'un smash rageur d'écrase sur la tête de Yustuno, de l'autre il perd ses plumes et en amorti tombe du mauvais coté du filet. Un soir de défaite face à un Slamet de gala comme à son habitude, nous nous retrouvâmes au Tizy pour une soirée plutôt sympa, il y eut les Lolos2, pas Lauriannne ni Juju occupées dans d'autres lieux plus indonésiens, mais aussi Floriant arrivant bien plus tard en compagnie de la charmante Nathalie, et je m'exprimais de cette manière assez fort pour etre entendu par les tables du font (dans un parfait dalam bahasa indonesia of course): "Ce n'était pas mon foyer qui me manquait, mais le nord avec ses vastes forets, ses rivières aux eaux glacées et ses truites. Autrefois, il y avait des truites de torrent dans les montagnes. On pouvait les voir immobiles dressées dans le courant couleur d'ambre où les bordures blanches de leur nageoires ondulaient doucement au fil de l'eau. Elles avaient un parfum de mousse quant on les prenait dans la main. Lisses et musclées et élastiques. Sur leur dos, il y avait des dessins en pointillet qui étaient des cartes du monde en son devenir. Des cartes et des labyrinthes. D'une chose qu'on ne pourrait pas refaire. Ni réparer. Dans les vals profondes qu'elles habitaient toutes les choses étaient plus anciennes que l'homme et leur murmure était de mystère". Ainsi fut dit la prophétie et ainsi s'évapora t'elle dans les bruits de La Route. Au loin, peut-être un chien affamé d'être à Bandung aboya, peut-être finirait t'il ses jours en Saté, peut-être écrasé sous un immeuble remué par le poing d'un Thor frappant violemment le sol. Qui sait? Ainsi le parrain interprété par un Brando est une interprétation en miroir comme l'image de la vache qui rit, c'est peut-etre une de ces images reformée que nous envoie l'Indonésie. - Qui tu es? Toi, Bambang président de la démocratie musulmane d'Indonésie. Celui qui veut contrôler la corruption mais pas l'annihiler. Celui qui parle de sagesse en parlant de religion sur toutes les chaînes privées publiques.
Celui qui se pose face à la terreur mais ne contrôle pas celle des quartiers.
Tout cela manque d'objectivité de se juger par rapport à une autre référence.
Etre est géographique, et environnemental; être peux varier d'un plongeon dans une piscine trop sombre, que dans un couloir trop long où les murs se balancent, que dans un mystère de ruelles où l'on découvre un gas fouillant une rivière de merde à la recherche de trésor.


Qui tuait?
De l'autre coté du phare de Bandung (la grande mosquée), on raconte une histoire étonnante, ce fut d'ailleurs dans ces ruelles sombres que Raymond fut le seul à vivre l'expérience de l'insécurité, une bande de jeune des banlieux du bas Bandung, celui encore plus bidon-ville que le Nord, d'ailleurs d'ssence universitaire, l'entoura maladroitement avec intention malveillante légère pour finir de s'enfuir au grognement du jiggeur (expression franco-bandunienne).
Ici, le cours du contrat est de 1 million de Roupiah, une véritable fortune à hauteur de 75 euros.

The contract for killing.
Alors faites attention car 270 millions d'yeux vous surveillent avec malice.


Qui tu hais?
Il faut revoir ce merveilleux film de Nicolas Boukhrief pour comprendre jusqu'où peut aller la vengeance et dans quel tourment de douleur, elle s'essuie sur votre front. Le Convoyeur. La question est moral: 1000€ par mois mais 1000000€ dans chaque sac.
Qui sommes nous pour transformer, nous transformer tels des jouets aux mains du démon.
Ne resistons pas de relire ces phrases éternelles de la Tempète de Shakespeare:"I'll break my staff, Bury it certain fathoms in the earth, and deeper than did ever plummet sound. I'll drown my book".
Ne negligeons pas la musique de Beethoven qui survit aux crises, ce Moonlight sonata qui est un véritable cadeau lorsque les nerfs sont soumis aux FAI bloquées dans les cieux (First Part Check), les nageuses russes et slaves sortant leur corps voluptueux des eaux profondes, cette symphonie n°9 en revenant en passée.

Ton reve, le plus fou
Créer la première compagnie de Mongolfier dans la ville la plus poluée au monde. Escales à chaque tour-hotel, de Lambang jusqu'à l'aéroport.
Ce serait fou qu'une idée née un soir de pluie violente dans un embouteilage de ville ait une réalité.


Dans la peau d'un serial killer comment tu tuerais ta proix et comment en es tu arrivé là?
Qui n' a jamais révé de voyager dans le temps et de nettoyer les siècles des pires etres. Paradoxe car nous sommes la terre du corps de ces gens. Ne creusons pas trop profond cette terre noire et riche des évenements du monde. Celle d'Indonésie a vecu et vivra encore et toujours et aussi profond que les voix d'un cantique, résonne loin dans le passé.
Nous sommes nous meme des survivants de nos expériences, alors pourquoi ce désire de vengeance qui n'est qu'une faiblesse qu'on laissera à ceux que la vie à travailler vers le coté obscure. et orientons nous vers la phylosophie de ces gens du sud du continent asiatique ayant tant supporté, enduré, lutté.
Il y a de quoi réfléchir. Hein, gamine.