vendredi 28 mai 2010

Relooking Bandung

Marcher pieds nus dans les rues de Bandung apporte des sensations inconnus qui font naitre l'imagination et les pensees nouvelles; tenez par exemple si l'on parlait d'un nouveau Bandung, non d'un retour vers les temps glorieux de nos ancetres, mais d'un Bandung reconstruit, net, ideal et precis.

La circulation
Comme un fil rouge eternel, les rues de Bandung sont bondees de motos chinoises, mobilettes japonnaises, voitures violentes, et d'un magma de pollution enveloppant la ville le matin venu jusqu'a la nuit noire et profonde. Les rues sont etroites et sont vite comblees le jour venu par ses entites sales et infames que nous venons de decrire plus haut et qui creent le cauchemard des politiciens locaux (politichiens comme dirait l'ami de Gaulle) en mal d'idees. Pour decongestionner (mot horrible qui devrait etre chatie de tout dictionnaire classique), les solutions sont simples: limiter le nombre de ces engins et augmenter la culture de la nature aux indonesiens, je cite donc V. Hugo dans les Travailleurs de la mer: "L'Atlantique ronge nos cotes. La pression du courant du pole deforme nos falaises ouest... La reverie, qui est la pensee a l'etat de nebuleuse, confine au sommeil, et s'en preoccupe comme de sa frontiere. L'air habite par des transparences vivaces, ce serait le commencement de l'inconnu... Que dit le vent? A qui parle t'il? Quel est son interlocuteur?"
Ainsi les idees pleuvent: augmentation du ratio repression/education routiere par la mise en place d'une police des routes et d'une legistation pour les voitures et hancokt poubelles, peages pour les gens de Jakarta qui nous emmerdent le week-end venu de leur comportement proche de Titis parisiens d'aujourd'hui, installation de voies pietonnes et ciclables, des jours sans voitures, ouverture d'une voie de transport Air via des Busi-bedus mongolfier (brevet international depose), interdiction de l'Hancokt et autres Hchets.

Les nasi goreng et autre Sate
Nourriture bon marche, ceux-ci sont souvent cuisines a l'envers du bon sens. Au creux de routes polluees, et des egouts infestes de vermine, le Warung du coin cuisine dans une huile frolatee et coupee a la parafine, nettoie ses couverts dans une eau noiratre et croupie ou le matin il s'est lave les pieds, grille ses grillades au feu de morceaux de polystirene expanses, et de mechants cadavres de rats.
Enfin, l'ennuyeux est l'utilisation de glutamate en tant que renforceur de gout qu'il sait meler a tous ses plats: produit cancerigene par excellence.
Oh, Bandung du haut de tes certitudes insconscientes, j'ai honte de tes traditions qui deforment tes esperances. Ou sont les poulardes braisees, les poulets rotis et caramelises, les cignes croustillants et ses petites patates douces, et surtout ces cochonnailles farcies aux herbes de provenco-Lembang.

Les portables et la technologie
Instrument mortel car attaquant le porte-monnaie peu rempli de l'indonesien moyen, le portable est un outil dangeureux, qui provoque la soumission, la dependance puis la mort la plus tragique dans les souffrances les plus atroces.
Je cite de nouveau A. Malraux dans le Miroir des Limbes (la corde et les souris), juste la fin:"Mais depuis plusieurs jours, je differe de noter ceci. Les textes zen disent que le sentiment d'agonie qui precede l'illumination declenche le rire. Peu avant de perde conscience, j'ai vu mon chat Fourrure, et entrevu dans l'obscurite le sourire invisible du chat d'Alice au pays des merveilles. A l'instant de basculer (j'avais quitte terre) j'ai senti la mort s'eloigner, penetre, envahi, possede, comme par une ironie...".
Le portable tue non seulement le cerveau en le faisant frire de l'interieur, mais aussi la joie communicative de l'indonesien qui est sans doute le peuple le plus positif du monde, puis detruit tout espoir en un pays meilleur et d'une jeunesse dynamique. Il faut savoir d'autrepart ecouter Balou du haut d'une connaissance technologique tetra-tentaculaire et qui a abandonne il y a des annees la technologie du portable comme objet d'asservissement.

Neanmois, malgre ces quelques remarques, Bandung reste la ville avec un grand V, ou l'etranger peut comprendre les impasses de sa civilisation. Je finirai par une question reponse d'une Anglaise imbibee rencontree hier au cloud 9 et qui resume le pire comme le meilleur mais donne du sens:
- Are you Western?
- No, I am Eastern, repondis je avec un accent du sud de York.

C'est ainsi, et que cela soit ainsi.

vendredi 7 mai 2010

Le fight club du Vendredi soir de Bandung

Il faut revoir ce film de David Fisher, a moins que ce ne soit celui de David Fincher, dans lequel le heros (Eduard Norton) transforme son insconcient en realite, en affrontant cette societe de l'apparence, non comme une critique du monde occidental, mais une image de cette societe qui nous transforme sans le dire par effet social. C'est pour cela ici que les mots sont forts et peuvent blesser.

En Indonesie, le fight club n'est autre que le sport national appele badbinton, dans lequel un groupe de joueurs s'affronte via une balle (un volant) dont le frottement dans l'air provoque un ralentisement. Ici, tout est dans la nuance, et biensur le volant n'est autre que le symbole de la giffle qu'on assene violemment au renard argente, le coup de boule telescopique qu'on lui fracasse d'un mouvement vif de la tete, voire d'une manchette applique methodiquement a la base de son crane vide.
Le Badbinton est un sport national dont les indonesiens sont friants, de gamins des rues, au chauffeur des chemins, en passant par les directeurs chinois au grand coeur qui donnent des piecettes a l'opprime et l'orphelin sous les routes de Pasteur.
Les indonesiens ont d'ailleurs truste tous les titres olympiens et mondiaux depuis des siecles, grace a leur passion du jeu, d'un peu de glutamate dans leur bole nasi goreng kotor du matin venu, et surtout par effet bommerang comme dit plus haut.

Hier, a l'occasion du tournoi des Jiggeurs de Bandung organise par Hermasiah Johar, la bataille fut intense avec un 3eme set remporte a l'usure et la motivation et ce malgre un deficit de 5 points dans le money time. Tout s'est joue sur un smatch vulgaire envoye entre les 2 joueurs qui provoqua un effet "ane de Buridan", et le centieme d'hesitation qui permit une montee rapide au filet et un contre appuye entre les dents des malheureux.
Bref, 15-13 au final et les felicitations des rois et reines de Bandung venus applaudir des points venus de l'au dela et plus loin encore comme: tel cet amorti de smatch violent avec effet bois sur le bord de la raquette, ce volant volant dans les airs et emvoye hors du terrain par un souffle violent, ou encore ce jet de raquette aveuglant le protagoniste.

On recommendra donc a l'expatrie de s'interesser a ce jeu, avec l'ambition du combat, et du reglement de compte, la grandeur de la transcendance, et surtout la soif de la victoire.

Car il est de renommee mondiale que seule la victoire est belle.

lundi 3 mai 2010

Fantômes de Java

En Indonésie, sur l’ile de Java, à Bandung, il y a des sujets dont on ne parle pas avec facilité, surtout aux étrangers de passage. Ces sujets sont sensibles et touchent une corde de l’esprit des autochtones. C’est pour cela qu’aujourd’hui, j’hésite à aller plus loin dans ces propos qui risquent de compromettre le fragile équilibre de la vie ici à Bandung, et risque d’entrainer des perturbations psychiques introlées.



Pour être moins précis que je ne devrais l’être, remontons à une visite familiale effectuée il y a quelques semaines dans le Nord… de Sumatra chez une grande dame de ma famille dont l’éloquence et la psychologie en font une référence de sagesse et d’intelligence, et dont le talent le plus important est de sublimer autrui à travers l’écoute. Bref, quelqu’un à qui on ne raconte pas des sornettes et où le débat ne traine pas au ras des pâquerettes.
Ce jour, alors que la conversation se dirigeait vers sa mère disparue depuis des décennies, elle raconta qu’à la fin de sa vie, atteinte par la maladie, dans l’incapacité de parler, celle-ci restait assise sur un canapé et ses seuls moments de retour à la surface se diffusait lorsque son entourage chantait, alors comme une communion d’esprit elle reprenait des marques de lucidité et son regard se faisait clair. Il y a quelques semaines à l’occasion de l’anniversaire de ses 4 fois 20 ans, une grande fête fut organisé et bien sur des chants, de nombreux chants autour de ses enfants, ses petits enfants et même arrière petits enfants ; et ceci tard dans la soirée jusqu’au moment où de l’autre coté de la maison un fracas épouvantable de verre cassé fit stopper net tout le monde, il ne fut pas long à trouver le portrait de sa mère rangée depuis des années sur une étagère et qui se trouvait de l’autre coté de la pièce en mille morceaux.




Bref, parler de ces choses nous fait rentrer dans un terrain inconnu, un terrain des plus dangereux, et je ne devrai pas vous parler des rumeurs du Sensa Hotel et des phénomènes étranges et particuliers qui y ont lieu, ou plutôt y eurent lieu, dont je fus l’involontaire témoin, à moins que cela ne fût plus compliqué.
Tout commença un matin, un simple matin un peu gris comme on peut en saisir les contours en fin de saison des pluies, bref un matin de début de mission par forcément au top de sa forme et je regardai sans pensée le flot de la rue au loin, les futures bâtiments en construction du Seawalk, une vue à peu près comme la photo ci-dessous, et aussi quelques balayeurs ici et là ramassant les feuilles de la nuit, et autres branchages ; bref du classique. Pour vous situer le cadre, le Sensa Hotel est d’architecture un peu difforme avec des courbes de géométrie non slamétienne, et surtout une entrée un peu cathédrale, dont la voute n’a aucun rapport avec celle du KP4 car étirée selon une concavité non développée de rayon 5. La salle de déjeuné est de configuration des plus allongés, et une mezzanine vient border une piscine en rase-motte, si bien que le nageur a l’impression de manger du nasi goreng en crawlant. Enfin, la salle de musculation plus loin est un immense pavé orange planté, comme une relique de France des années 70. Bref, vous l’aurez compris un mélange des genres qui peut mettre mal à l’aise au mieux, fait naitre un sentiment de vertige au pire, et qui ne laisse pas indifférent en tout.

Avant d’aller plus loin, je citerai André Malraux qui vit aujourd’hui à Bandung, et qui, à l’occasion le mois dernier, d’une bière au MU de PVG (au Manchester United du Paris van Java pour les autres), n’hésita pas à affirmer, malgré les protestations silencieuses des Lolo2, et dans un dalam bahasa indonesia un peu hésitant : «La ville la plus habitée de ce coté d’Asie est sans nul doute Bandung. J’en eus la révélation il y a une vingtaine d’année lors d’une balade nocturne de conversation politique avec R. Folco. Je ne puis cependant en dire plus tant les effluves psychique peuvent influencer mon jugement. ».

Et ce matin là, alors dans l’attente du 4/4 Nissan de Freddy Carlos-Bangh-Ghosn, j’apercevais à travers la chevelure des branchages du gigantesque eucalyptus, dominant de son envergure et sa toison verte tous les super-héros du Chiampelas, un homme assis sur une branche au plus haut. Immédiatement, il me fit signe et je reconnus avec quelques effrois une figue mythique des croyances du coin : le Herry Sismoyou en personne. A ce sujet, Flo di Pagnol dans son nom moins fameux Herry des balais le décrit ainsi : « Ta couillonnerie est si profondément incrustée en ton être, qu’elle doit être identifiable à ton ADN. Ainsi, tu la sèmes à tout vent, jusqu’à l’international, et au fur et à mesure que tu t’éloignes, on l’impression que tu te rapproches », et encore « Si les couillons étaient dans l’orchestre, tu serais capable de jouer ta partition de pipo à l’envers, et contaminer en moins de rien toute la mélodie », et toujours « Tu rassembles non seulement un concentré de bêtise sur des générations, mais tu transcendes ce niveau pour atteindre l’inconnu : à savoir l’intelligence de la couillonade ».

Ainsi, les fantômes de Java sont présents autour de nous, près à pénétrer notre inconscient, et changer nos humeurs. L’occidental devra apprendre à se méfier et anticiper l’anticipation (Ref. T. Omeyer, champion du monde).