mardi 4 janvier 2011

Arrétons de rire à Bandung

D’une fin d’année à St-François-Longchamp, il reste quelques détails qu’il faut savoir comprendre dans sa justesse, et non de retenir une neige étalée paresseuse et qui cache.
De cette expérience d’une décennie qui s’achève, il ne faut pas oublier la dureté de l’argent qui nous enchevêtre, des dettes d’inquiétude qui nous restent d’un monde en plein mouvement de gravité, mais surtout garder ces bonnes images d’hier comme autant de souvenir au son d’une horloge bloquée à 9:00 fin 2010.
Ainsi Cécile, institutrice de Miramas et de Provence, témoin privilégié d’un univers en perturbation, mais aussi femme d’avenir et de décision, regarde le monde urbi et orbi et nous parle à tous. Que cette interview de début d’année vous soit bénéfique et vous grandisse, bande de mécréants.


Cécile, qu’est-ce qu’enseigner en 2010?
Je ne construirai pas mon argument en 3 points comme on apprend à ces étudiants des Mines ou d’HEC au cours de leçon de méthodes qu’ils appliqueront à l’aveugle tout au long de leur carrière tels des vieillards cacochymes avant l’heure.
Le mien est certitude et engagement, et surtout construit non sur les bases de la république mais autour d’un Tout et Entier englobant toute l’humanité.
Mon enseignement ainsi se veut humaniste car recentrer sur l’enfant qui arrive dans ma classe avec toute son histoire familiale, culturelle, symbolique et psychologique. Et, je peux vous dire, droit dans les yeux, que le niveau moyen de la France n’est pas jolie-jolie.
Derrière les insultes ou les silences, il y a des mots qu’il faut savoir tirer avec patience, devant l’écolier s’ouvre tout un univers qu’il voit déformé à travers ces prismes de papier mâché que sont les médias (TV, internet et téléphone), et dont il ne peut comprendre la signification obscène sans une culture de la raison, de l’intelligence et de la critique. Et, cela, c’est très difficile à traduire, à transmettre mon bon Monsieur et ma bonne Dame.
Enseigner en 2010 est toujours une actualité brulante, et les mêmes questions posées dans les années 80 sont toujours vivantes : diminution des postes actifs (i.e. ceux directement en contact avec les élèves), amputation des heures, déséquilibre entre le par-cœur et la réflexion, les différences de niveau, le rachitisme des programmes, l’horreur médiatique, la disparition des valeurs, la valeur travail en dégéneresecence, le choc des générations, le vomissement des idées préconçues, la puanteur du monde du virtuel. Bref, le métier est passionnant et aujourd’hui enseigner est vivre une aventure permanente.


Enseigner use, comment voyez vous votre seconde carrière ?
Ne m’insultez pas, chacun la carrière qu’il mérite, et qui n’est pas une notion figée, surtout dans l’enseignement.
Ne m’englobez pas dans des systèmes préconçus.
C’est comme de comparer la Savoie et la Haute-Savoie, la couture et la haute-couture, de discutailler pendant des heures d’oiseaux volants à l’envers, de taupes dans son jardin, de patate à la cave, ou avec des taurines insupportables et stridentes.
Relever le débat, s’il vous plait.
Néanmoins, il existe un lieu sur Salon de Provence, une ville qui depuis longtemps est enfermée dans ses certitudes, et qui du haut de sa Provencialité ne revendique pas cette tradition et cette culture que ses grands ancêtres ont su apporter au-delà des siècles, je ne pense pas à Nostradamus -espèce d’escroc doublé d’un historien de pacotille qui a jeté des mots dans un livre et fait baver nombre de contemporain à la recherche d’une vision après-coup, mais je pense à Adam de Craponne qui fait couler l’eau ici-bas, de fontaines en ruisselets, puis en canal (ouvrage hélas mort car non développé).
En revenant à notre propos, ce lieu m’a été suggéré à partir d’une idée.
Une idée est plus forte que l’argent, le pouvoir et l’univers réuni, et il ne faut avoir vu et compris l’Inception de Christopher Nolan pour le savoir.
Cette idée vient d’un type qui n’est pas originaire de Salon, mais d’ailleurs.
Cette idée est aux confins de l’eau, l’enseignement et du théâtre, et s’affichera avec résolution de jour comme de nuit, et ne peut être comparé au Forum des Eaux de Bernard Hinault, ou au Petit-Salonais qui figure la dégénérescence et l’abime des bars de la ville, ni de structure comme Acadomia qui forme à des prix exorbitants une petite bourgeoisie arrogante et perverse. En résumé, cette idée-lieu sera tentaculaire et rassemblera les meilleurs de la culture, l’intelligence et de la réussite de la ville et ses environs. Une sorte de village dans le village quoi.



D’où vient cette force dont vous irradiez.
La vie m’a apporté cette force. Mais, je ne suis pas seule à la posséder. Laurie et Monique à Bandung par exemple possèdent aussi cette lumière. L’une dans la culture, l’autre dans l’industrie.
Bilou et Maurin à Marignane, l’un dans le BIOS, l’autre dans les moteurs de Kawa.
A ce titre, j’ai une anecdote que je n’ose raconter si ce n’est à vous.
L’autre jour, j’assistais à un conseil municipal salonnais et écoutait les commentaires d’un adjoint sur le sujet brulant des parkings de la ville. Je m’ennuyais tellement de tant de banalités, d’un tel manque d’ambitions, que je froissais un morceau de papier et en fit une boulette que je jetais au pied du maire. Et, bien, croyez moi, il l’a ramassé.





Parlez nous de cette semaine en Savoie.
Une semaine intéressante dans une station socialo-écolo-marksiste peut résumer. Tous les soirs, eurent leurs lots de rythmes, discussions avec des guess-star de la région ou d’ailleurs, champions olympiques, entrepreneurs, musiciens, spécialistes de la vallée de la Maurienne, expertes du monde médical, etc.
La neige est tombée en pointillé Mardi matin, puis le ciel dégagé et ensoleillé pendant le séjour nous a permis d’ouvrir certaines pistes noires au sud-ouest du col de la Madeleine, de bleus au visage rouge sur lesquels des bleus se sont faits des bleus, puis de nous accrocher avec des parisiens colères d’attendre quelques minutes aux remonte-pentes, et ainsi de toucher une certaine médiocrité française, de nous ressourcer au centre de balnéothérapie, puis d’assister à un concert où des rythmes bizarres ne collaient pas. « There is no second act in American Life » chanté par Jefferson un jour, c’est vrai et cela résume bien la vie d’un Charly Parker qui de l’au delà nous parle en mêlant les mélodies et la complexité d’accords multiples. Ces notes furent présentes ces soirées-ci, ici et là.

Que dire de plus ?
Dites le moi.