mercredi 27 janvier 2010

Les justes mots de Roseline

Comme l'a dit si bien Roseline l'autre jour alors d'une traversée du site superbe de Lamanon dont la situation au Nord de Salon de Provence, au pied du Luberon et surtout de bordure de Durance est caractéristique, et qui d'ailleurs possède une belle géographie et une bien belle histoire ( nous en reparlerons): "Il faut positiver et tenir compte de l'environnement avant toute conclusion hative"; je pensais une autre balade en terre indonésienne est une conversation avec les Lolos (Laurie et Laurent) au sujet de la société du spectacle.
A ce sujet, alors que nous nous approchions du GN Tankuban Parahu (autrement dit du Gunum de Bandung, autrement autrement du Volcan surplombant la ville de la conférence des non-alignés) et que je venais de réaliser l'affaire du siècle en achetant dans le baraquements des bicoques des vendeurs à la sauvette une magnifique casquette durement négociée à 20000 Roupias, nous eumes une conversation assez interessante sur la société de consommation entrain de germer en Indonésie et surtout à Bandung, ville que nous connaissons puisque familiers, et nous tombames d'accord sur la thèse de G. Debord: "Le marxisme orthodoxe de la deuxième internationale est l'idéologie scientifique de la révolution socialiste, qui identifie toute sa vérité au processus objectif dans l'économie, et au progrès d'une reconnaissance de cette necessité dans la classe ouvrière éduquée par l'organisation".
Alors, comme en habitude, l'orage de cette région prisonnière de la saison des pluies écrasa le paysage et les boutiques des chalands loqueteux se couvrirent d'une bache en polypropilène de base et la thèse se vérifia puisque les ventes de NasiGoreng et de Mi augmentèrent de 150% en moins de temps qu'il n'en faut pour que l'eau commence à découliner en crevasse au plus profond du cratère.
Bigre.
Bandung est une ville inégale où se conjuguent les torrents d'eau vers 14:00, les riches au volant de leur 4/4 aux vitres teintées, les pauvres en habits colorés, un consulat de France à la bibliothèque féconde et payante où l'on ne peut pas lire de l'Agatha Christie car de source non francophone, des restaurants à jazz et d'autres de paillotes (du style chez Francis) et des animaux de toutes sortes et nocturnes: des ratons, des scalamandres fourchues, des rotomorphes des gorengs, sans oublier les fameux et mystérieux lopoforts frolant les toitures la nuit, les nuits de lune noires.
Bref, etre en Indonésie, ce n'est pas seulement etre acteur, vivre dans la rencontre et les projets immobiliers, mais aussi observer en silence cette grouillance de vie endiablée et sonore.
Ou encore, etre Indonésien ce n'est pas se comporter en exemple d'Indonésie, car ne l'oublions pas ce pays est une multitupe d'assemblages bigarés (qui ferait sans doute devenir fou ou cacochime l'apotre de l'identité nationale à la française: Besson), mais se comporter avec des valeurs de respect, d'écoute, de stoicisme et de retour sur les valeurs ancestrales d'un pays qui comme beaucoup trouvent ses racines profondes dans la terre.
Ainsi, parlions nous en marchant le long des bois autour du volcans et de croiser une anecdote assez amblématique d'un pays qui ne se pratique pas mais peut se pervertir si l'américain ou l'australien de base ne sait se comporter ou justement dicte sa conduite. Alors que nous descendions le chemin coté ouest, nous croisames un groupe de gamins entrain de jouer avec des batons et habillés de peu; de pitié et de coeur d'or, nous decidames d'offrir un billet de 1000 roupias aux 3 marmots qui arretèrent leur jeu assez étonnés et nous partimes le coeur léger, au fond du chemin. Quelques cris nous réveillèrent alors de notre action de grace en découvant ces 3 jeunes entrain de se battre au baton pour ces billets de 1000.
Décidemment, la psychologie d'ici n'est compréhensible qu'à la condition sine qua none de marcher le long des rues défoncées et poluées de Bandung, où une soirée de fin de soirée cette idée fit pchit lorsque Raymong glissant sur une racine tomba sur le goudron.
Décidemment, rien n'est prévisible, mème les maladies de ventre ne suivent une courbe régulière d'indice, hors de tout sujet de restau, d'environnement, etc. Peut-etre faut t'il en conclure des cycles phisiologique d'activité et de faiblesse.
Autre anecdote mémorable eut lieu encore une fois au gunum alors que nous tentions l'ascension coté nord que seul Florian eut réussi jusqu'à hier. De pas, en escalier difficile un gas nous rattrapa et ne nous présenta pas son aide, du haut de notre fierté de réussir seuls en européens, et surtout sans intervention divine indonésienne. Quelle comédie puisque le gas nous accompagna jusqu'au bout, nous fit visiter des short-cuts et aussi l'observatoire météo rouillé. Mais, car il y a toujours un mais, le gas grilla une clop (tida bagus) et jeta son paquet sur une roche volcanique que je reconnaissais sacrée. A l'heure de la remise des récompense, le gas eut droit à ses 20000 roupias dans ce fameux paquet que je lui présentais avec simplicité devant sa mine de confiture et un autre "tida bagus" des familles. La triste conclusion de cette histoire vint bien plus tard, au mois e Décembre alors que je passais quelques jours dans l'Oise (pour voir une petite qui venait de naitre et ses parents ébahis, moi aussi d'ailleurs) et de passer avec le célèbre Roger Freville(détenteur du record du monde du marathon en moins de 2 heures) à la librairie Travers, et de raconter à Michelle (PdG et fondatrice des éditions associées) cette belle histoire pour finalement me faire traiter de "colonianiste".
Je compris le message, je croyais changer les Indonésiens mais c'est eux qui ont réussi.

dimanche 24 janvier 2010

lorsque PTDI se réveillera.





Un jour, lors d'une pluie de fin d'averse torrentielle, et d'une attente dans la nuit d'Elvie au bord du batiment des structures, je repensais avec nostalgie à tous ces bons moments vécus ici en Indonésie - moments uniques dont chacun avait l'intuition et en premier le bon Florien -, il fut comme sèvère d'imaginer alors le retour en France, notre pays.
Ces quelques photos sans grande prouesse technique (comme le pense le rusé Roger "Olivier! Travailles ta couche tendre, maitrises les couleurs, n'oublies pas le jeu des ombres") nous rappellent ce sentiment d'Indonésie, cette aventure à vivre.
La première photo montre un couloir désert de fin de semaine, la fatidique première de Septembre qui nous a vu subir de façon différente un tremblement de terre; certains comme Raimond ont couru comme Bolt et ses bras en forme de flèche grec du jig "barque avant" jusqu'à la sortie libre en moins de 10 secondes; d'autres tels Roger et Benoit de ramasser dans les escaliers de jolies indonésiennes (de chez Didik) presque écrabouillées, enfin des gens comme moi ont tout oublié si ce n'est les autours comme des visages hurlants, des paniques et une course folle presque ridicule d'inconscience vers la lumière.
Nous sommes tous retrouvés mélangés dehors un peu abasourdis mais remués.
Quelques jours, plus tard, avec Edhi -universitaire et chef du projet coté PTDI- sommes aller au centre sismique d'Indonésie, se situant près du musée de l'homme de Java à Bandung, pour apprendre que l'épicentre situé à une trentaine de km de Bandung a entrainé un évenement de 5.8 dans la zone de l'aéroport pendant quelques secondes. Visite des plus interessantes qui me permit d'apprendre que les plus grands sponsors de ce centre de recherche était bien les français et d'avoir une conversation en Français avec quelques post-doc ayant vécu quelques années à Clermont-ferrand.
La seconde photo montre votre serviteur avec la magnifique Sandy, l'assistante du Projet et le bras droit d'Edhi, au sein du périmètre-bureau qui nous a été alloué pour le projet, lieu que Florient eut la bonne idée de faire vivre, en retraçant l'historique des visites, confrontations et évenements, puis de s'orienter vers la culture provençale, de Paul Ricard, grand capitaine d'industrie, à Pagnol qui reste celui ayant si bien écrit notre belle région de France, sans oublier ces héros oubliés tel: Fernandel, Bourvil, la Papet, Ugolin, Manon, etc, ceci ajoutant un peu d'humour à l'intensité des journées.
Enfin, cette belle photo de groupe au cours d'un boukafouissa organisé par Kornel, vice-président de PTDI nous ayant avec gentillesse invité un soir pour féter la fin du ramadan.
Ce repas officiel et sympathique nous démontre chaque jour l'extrème respect des équipes à communier et partager, et surtout à nous intégrer dans leur culture.
3 photos, 3 leçons de chose et de mémoire.

mercredi 20 janvier 2010

Les premiers pas en Indonésie


Quelqu'un frappa à la porte et je fus comme dans un reve lorsque d'un coup de paupière bien appuyée, je me connectais au murmure sourd du 380 en plein vol stationnaire au dessus de l'océan indien, peut-etre aussi en plein milieu tant était bleu nuit l'océan de bleu derrière le hublot.
-55°C, presque en orbite géostationnaire.
Les hotesses à l'air d'indo-asiatique décontractées avaient depuis longtemps réduit leur fourmillement esthétique autour des passagers pour éteindre les lumières comme on souffle une bougie, d'un dernier souffle; et le peuple migratoire de la classe affaire était sans doute loin, très loin comme plongé peut-etre dans quelques sommeil criogenique. Mais non, tout était normal et sombre.
Je refermais mon second oeil pour imaginer la suite des réjouissances...
... le gas à l'air aussi gras qu'une vache sacrée tombée dans une marmite de fange étant bébé portait fierement un costume militaire, que son air de bambin me fit sourire mais pas trop. il me demanda froid malgré la chaleur puante de la queue des arrivistes jakartiens, mon passeport, que je lui refilais avec ma mine la plus enigmatiquement neutre que l'on connaisse de ce coté de ce continent. Après 20 heures d'un vol lourd et épuisant, je n'eus à forcer mon talent et le douanier indo me laissa poser le pas en Indonésie d'un bref tampon.
Il faisait chaud, si chaud que quelques phrases de l'Ile de Sakhaline de Tchékhov me remontèrent à l'esprit avec une grande clarté: "Le comte de La Perouse, le célèbre navigateur français, aborda la cote ouest de Sakhaline en Juin 1787 au dessus du 49ème parallèle, et s'y entretint avec les indigènes. A en juger par la description qu'il nous a laissé, il n'a pas trouvé que les natifs du lieu: les Aino, mais aussi des Ghiliak venus faire commerce comme eux...", puis je m'arrétais larme à l'oeil à la recherche de Dadang.
Né en 1965 à Alger d'un père russe et d'une mère indonésienne, Dadang, de présentation correcte, est d'une grande politesse. Après avoir acquis une formation tout arme à fort Bragg (US), le LTN Dadang intègre les forces spéciales indonésiennes en 1988, se faisant remarquer au passage par son flegme et sa qualité de maniement du Kris... En 1998, suite à l'opération IPDN de nettoyage, il se fait remarquer par le général de corps d'armée de l'époque Bambang, qui lui offre un poste de responsable dans les services d'intelligence externes du pays...
L'avion trembla, sécouée par une main géante, et j'ouvrais 2 yeux exorbités pour me rendre compte que j'étais seul dans l'appareil. Un fremissement progressif me traversa tel un rayon de la tete au pied, en passant par tous les bouts de mon corps qui jettaient alors une sorte d'electricité, celui de la peur. La peur froide et simple qui retourne votre esprit en un rien et qui vous force à dépasser vos références pour entrer dans une zone inconnue que, meme vous, ne connaissez pas, et surtout pas cet affreux coquin de Freud du haut de ses théories psy ou psi fumeuses.
Un rayon passa à travers le hublot, aveuglant, irritant , blanc presque le halot dément d'une obsène explosion atomique. Je me levais mais une seconde secousse me projetta avec violence sur mon fauteuil.
Refléchir, agir, observer, se calmer, souffler et se libérer enfin de l'inconnu telles furent mes pensées recurrentes nées de quelques entrainements de nuit au camp de coetquidan (et du 4ème bataillon, promotion je-ne-sais-plus 1997).
- Il ya quelqu'un...
Et, je fus réveiller au son de ma voix tandis qu'un valet de treffe se penchait en Indonésien et ouvrait la porte du 4/4, et le hall du Ciumbuleuit.
"Apakabar Baik Mr Bedus, karaokebintangbangnantisoitilglank" furent les premières paroles prononcées depuis longtemps me remontant à une réalité parallèle à celle de la France.

Et ainsi les premiers pas ici en Indonésie à Bandung après 3 heures de routes et quelques heures la-haut.

dimanche 10 janvier 2010

Genèse


Comme vous pouvez vous en rendre compte au premier coup d'oeil de ce coté de l'écran, je ne suis pas là pour rire, ou faire quelques blagues, mais pour vous dire simplement et le plus clairement possible ce qu'est l'Indonésie des années 2009/2010.
Peut-etre ne serez vous pas d'accord avec les idées traitées dans ce blog, ou serez vous choqué de certains termes utilisés, voire aurez vous envie de réagir en me claquant une porte à la figure.
Cela ne me fait rien, et ma gueule de marin d'eau douce cassée en a vu d'autres.
Ces avertissements étant rédigés d'une façon honnete, je vais essayé de vous parler de l'Indonésie, sa complexité, et surtout de vous donner une vision de pays en 3D, et quelques mouvements.
Cette vision ne sera pas angélique et ne tombera pas dans quelques mievreries perso à 2 balles déjà vues sur d'autres blogs de ce type (à ce titre et opposé, je voudrais recommander le blog: lolo2indonesie.blogspot.com de grande qualité et précision), mais sera factuelle.
Alors attachez vos ceintures, prenez une bonne gorgée d'un Jameson 12 ans d'age et accompagnez moi quelques instants de ce coté du monde...dans l'hémisphère sud.

L'hémisphère sud est une idée que les gens européens et surtout français abreuvés à la sauce marketing, publicitaire (avec par ex un Ségéla de type hemisphérien lui-aussi qui n'a pas attendu d'avoir 50 ans pour s'acheter une rollex à 2500 euros, du haut du lavage de cerveau qu'il a su inculqué à la France des travailleurs en les rendant d'une certaine manière plus con-sommateur à une autre époque de sa vie) ne peuvent pas comprendre s'ils n'y ont pas mis les pieds, n'ont pas embrassé ce sol tel un JPII au plus grand de sa forme. Cette image étant dite, l'hémisphère sud est d'abord une idée, un envers de décor mais surtout pas une anti-hémiphère nord ou encore un opposé.
On n'y trouve pas: une inverse de saisons, une inverse de France (qui n'est pas la Nouvelle-Zelande), ni un opposé de mentalité.
On y trouve des océans dechainés, et surtout au abord des hurlants et des rugissants la fin du monde d'après les grands anciens; on y voie aussi des animaux qui n'ont pas suivi les théories (incomplètes oui en effet, on y reviendra) de Darwin, je pense notamment aux loposomes qui sont des animaux extraordinaires qu'on trouve en Indonésie; on y pressent des croyances et la forte présente d'une nature que les gens occidents ont depuis longtemps oubliés.
Mais hélas, mille fois hélas, on y decouvre les yeux égarés l'influence de l'occidental, partout un vrai virus qui se repend ici, là de diverse manière et par diverses voie/voix de communication (on en reparlera aussi).
Alors mes bons amis, approchons nous de ce coté de la carte que nos maitres d'ecole feignent d'ignorer. Non, Vercingetorix ne s'est pas battu comme un chien en Australie, en Tasmanie ou dans l'ile Macquarie (située à a peine à 4000 km au sud de Melbourne), non Napoléon n'a pas massacré des hordes de Tongiens aux abords des iles Cooks, et pourtant ces régions possèdent leur histoire et on vous conseillera d'aller revoir dans un bon cinema d'art et d'essais: "the Thin Red line" de Terrance Mallik (et peut-etre aussi A l'ouest rien de nouveau de Lewis Milestone pour le font) pour la forme, on vous conseillera d'afficher dans une salle commune si possible de votre logement principale (ou de fonction pour les nantis) une carte du monde.
Ce qui choque au premier abord, c'est le bleu, la mer, l'océan mer (comme dirait notre ami Barrico), une sorte d'infini bleuté de l'Inde jusqu'à l'antartique, 20000 km en ligne droite sans aucun obstacle si ce ne sont des espadons noirs (les plus rares car géants et rapides), des bancs de fretillants, quelques sirènes d'après quelques marins de Singapour.
Ecoutez le vents souffler dans les Kerguelen en haut de quelques promontoires isolés où les tempètes aussi froides que descendant du pole viennent vous arracher votre chevelure, rien encore une fois sur 10000km à la ronde.
L'Australie siège là, étrange pays plat où habitent des hordes de surfeurs imbibés, et une peuplade mystérieuse qui a dessiné en son sein des chemins mystérieux au creux des arbres, des forets, un grain de sable de desert, voir sur une rivière et qui disparaissent aujourd'hui à coup de technocratie blanche.
Est-ce que parce que je suis noir, que je parle comme cela. Non, arrétez de dire des anneries et écoutez le vent qui souffle, tant qu'il souffle encore.

He smiled, glanging askance at her mocking eyes. The same young eyes. The first night after the charades. Dolphin's barn. He turned over the smudged pages. Ruby: the pride of the ring. Hello. Iluustration. Fierce Italian with carriagewhip. Must be Ruby pride of the on the floor naked. Sheet kindly lent. The monster Maffei desisted and flung his victim from him with an oath. Cruelty behind it all. Doped animals. Trapeze at Hengler's. Had to look the other way. mob grabbing. Break your neck and we'll break our sides. Families of them. Bone them young so they metempsychosis. That we live after death. Our soul. That's a man's soul after he dies. Diagnam's soul...

Cette absolue de déraison et de décalage mentale qu'on trouve sans conteste dans ces pays du Pacifique Sud comme a su le dépeindre Joyce du haut de son Irlande.

C'est clairement cela l'Hémisphère sud.