A ce sujet, alors que nous nous approchions du GN Tankuban Parahu (autrement dit du Gunum de Bandung, autrement autrement du Volcan surplombant la ville de la conférence des non-alignés) et que je venais de réaliser l'affaire du siècle en achetant dans le baraquements des bicoques des vendeurs à la sauvette une magnifique casquette durement négociée à 20000 Roupias, nous eumes une conversation assez interessante sur la société de consommation entrain de germer en Indonésie et surtout à Bandung, ville que nous connaissons puisque familiers, et nous tombames d'accord sur la thèse de G. Debord: "Le marxisme orthodoxe de la deuxième internationale est l'idéologie scientifique de la révolution socialiste, qui identifie toute sa vérité au processus objectif dans l'économie, et au progrès d'une reconnaissance de cette necessité dans la classe ouvrière éduquée par l'organisation".
Alors, comme en habitude, l'orage de cette région prisonnière de la saison des pluies écrasa le paysage et les boutiques des chalands loqueteux se couvrirent d'une bache en polypropilène de base et la thèse se vérifia puisque les ventes de NasiGoreng et de Mi augmentèrent de 150% en moins de temps qu'il n'en faut pour que l'eau commence à découliner en crevasse au plus profond du cratère.
Bigre.
Bandung est une ville inégale où se conjuguent les torrents d'eau vers 14:00, les riches au volant de leur 4/4 aux vitres teintées, les pauvres en habits colorés, un consulat de France à la bibliothèque féconde et payante où l'on ne peut pas lire de l'Agatha Christie car de source non francophone, des restaurants à jazz et d'autres de paillotes (du style chez Francis) et des animaux de toutes sortes et nocturnes: des ratons, des scalamandres fourchues, des rotomorphes des gorengs, sans oublier les fameux et mystérieux lopoforts frolant les toitures la nuit, les nuits de lune noires.
Bref, etre en Indonésie, ce n'est pas seulement etre acteur, vivre dans la rencontre et les projets immobiliers, mais aussi observer en silence cette grouillance de vie endiablée et sonore.
Ou encore, etre Indonésien ce n'est pas se comporter en exemple d'Indonésie, car ne l'oublions pas ce pays est une multitupe d'assemblages bigarés (qui ferait sans doute devenir fou ou cacochime l'apotre de l'identité nationale à la française: Besson), mais se comporter avec des valeurs de respect, d'écoute, de stoicisme et de retour sur les valeurs ancestrales d'un pays qui comme beaucoup trouvent ses racines profondes dans la terre.
Ainsi, parlions nous en marchant le long des bois autour du volcans et de croiser une anecdote assez amblématique d'un pays qui ne se pratique pas mais peut se pervertir si l'américain ou l'australien de base ne sait se comporter ou justement dicte sa conduite. Alors que nous descendions le chemin coté ouest, nous croisames un groupe de gamins entrain de jouer avec des batons et habillés de peu; de pitié et de coeur d'or, nous decidames d'offrir un billet de 1000 roupias aux 3 marmots qui arretèrent leur jeu assez étonnés et nous partimes le coeur léger, au fond du chemin. Quelques cris nous réveillèrent alors de notre action de grace en découvant ces 3 jeunes entrain de se battre au baton pour ces billets de 1000.
Décidemment, rien n'est prévisible, mème les maladies de ventre ne suivent une courbe régulière d'indice, hors de tout sujet de restau, d'environnement, etc. Peut-etre faut t'il en conclure des cycles phisiologique d'activité et de faiblesse.
Autre anecdote mémorable eut lieu encore une fois au gunum alors que nous tentions l'ascension coté nord que seul Florian eut réussi jusqu'à hier. De pas, en escalier difficile un gas nous rattrapa et ne nous présenta pas son aide, du haut de notre fierté de réussir seuls en européens, et surtout sans intervention divine indonésienne. Quelle comédie puisque le gas nous accompagna jusqu'au bout, nous fit visiter des short-cuts et aussi l'observatoire météo rouillé. Mais, car il y a toujours un mais, le gas grilla une clop (tida bagus) et jeta son paquet sur une roche volcanique que je reconnaissais sacrée. A l'heure de la remise des récompense, le gas eut droit à ses 20000 roupias dans ce fameux paquet que je lui présentais avec simplicité devant sa mine de confiture et un autre "tida bagus" des familles. La triste conclusion de cette histoire vint bien plus tard, au mois e Décembre alors que je passais quelques jours dans l'Oise (pour voir une petite qui venait de naitre et ses parents ébahis, moi aussi d'ailleurs) et de passer avec le célèbre Roger Freville(détenteur du record du monde du marathon en moins de 2 heures) à la librairie Travers, et de raconter à Michelle (PdG et fondatrice des éditions associées) cette belle histoire pour finalement me faire traiter de "colonianiste".
Je compris le message, je croyais changer les Indonésiens mais c'est eux qui ont réussi.