jeudi 11 février 2010

Ce soir, il neige à Bandung



Ce soir, il neige à Bandung et 10 millions d'Indonésiens regardent les flocons comme des grosses poussières dansées dans la nuit.
Ce soir, tout le quartier est de silence, les voitures sont immobiles, l'iman a appelé à la prière et les anciens regardent les hauteurs de Lambang avec inquiétude.
La météo n'a pas prevenu, ni toute autre organisme d'ailleurs.
Près de l'hotel Ciumbuluit, une jeune mère traine son enfant qui ne pleure pas. Les petits indonésiens ne pleurent pas et comprennent ces choses avant les vieux européens comme nous.
Il a commencé à neiger vers 19:00, exactement lorsque la nuit est tombée, et toute la journée fut ponctuée des plus étranges rumeurs lorsque le ciel s'est coloré de rouge, de jaune puis de gris.
Je pense à une sorte d'effet optique, j'en ai parlé à ma voisine moldave qui ne m'a pas répondu et a commencé à faire ses valises.
D'ailleurs, beaucoup d'Indonésiens des quartiers nords: Cidadap, Coblong et Kidul ont improvisés des sacs de fortunes et entamer une marche vers le Sud.
Des nomades comme dirait J. Nieuviarts.
Nous, français expatriés ou en mission connaissont la neige, sa blancheur et le linceul qu'elle peut etre pour celles et ceux qui la bravent.
En France, il ne comprennent pas l'ampleur de ce phénomène et d'ailleurs minimisent.
C'est bien un argument à la Science Po de diminuer ce qui est hors de son cercle d'influence. Car la nature ne fait pas de cadeau.

Déjà, 15cm dans les rues et les flocons s'accélèrent legers, lents et souples à la fois. Je frissonne en dévorant mon NasiGoreng à l'abri d'un restaurant de fortune.
Un détail, car tout cela est réel, cette neige n'est pas froide et sa texture est aussi douce que de la plume.
Que penser? Qu'etre? Que devenir?
C'est quand meme une histoire de fou cette neige, qui n'en est pas une et qui s'abat par paquet comme au ralenti, comme un film du début du 20ème.



Je frisonne et pense à ces mots qu'H.G. Wells a écrit il ya plus de 100 ans, et je les fais tourner dans ma mémoire comme une prédiction à rebours "Je vais à Londres; je me mele aux foules affairées de Fleet street et du Strand; et ces gens semblent etre les fantomes du passé, hantant les rues que j'ai vues silencieuses et désolées, allant et venant, ombre dans une ville morte, caricature de vie dans un corps pétrifié".
Tout à l'heure la lumière s'est tue et un grand murmure est monté du Nord ou plutot de la haut dans le ciel. Comme le grognement d'une bete géante.
Quelques éclairs n'ont pas montré l'origine de ce nouveau mystère, mais les visages égarés des Indonésiens dans le hall de l'hotel. Il n'y a pas eu d'electricité toute la journée et nous sommes comme coupés du monde , car toute onde semble ne plus voyager dans cette purée de pois, et rebondir sur cette couche nuageuse, ce magma de nuage presque solidifié au dessus de nous.

Je ferme les yeux et pense à mon pays, mes amis, mes proches, tout est loin desormais, les souvenirs de couleur s'éloignent et disparaissent.



Nom : Kelut
Région/Pays : Java / Indonésie
Lat./Long. : 7.93 S/112.308 E
Alt. : 1731 m
Les éruptions volcaniques du volcan Kelut. Retrouvez l'historique des éruptions et l'activité du volcan Kelut décrite éruption par éruption :

Date de l'éruption : Du 10-02-1990 au 00-03-1990

Résumé :
Les signes précurseurs de cette éruption se manifestent dès la mi-novembre 1989 par une augmentation de la sismicité qui devient, certains jours, dix fois supérieure à la normale sur ce volcan. Fin novembre, et durant tout le mois de décembre, la sismicité est à nouveau presque normale, mais elle s'envole à nouveau les seconde et troisième semaines de janvier 1990, cette fois accompagnée par une augmentation de la température du lac intracratèrique. Celui-ci passe de 32 à 38°C fin janvier, puis monte encore jusqu'à 41°C le 07 février. Les mesures de Ph du lac, effectuées le 08 février, montrent qu'il s'est acidifié, passant d'un Ph de 4.9 à 4.2. Les hydrophones placés dans le lac enregistrent à ce moment-là trois fois plus de bruit que la normale. Puis, dans la journée du 08 février, la sismicité et le bruit redeviennent normaux. Dans la nuit du 09 au 10 février, plus aucun des instruments placés dans le lac ne fonctionne. Dans la journée du 10, ce sont 60 000 personnes qui sont évacuées après les recommendations faites par le Volcanological Survey of Indonesia. Une première phase paroxysmale, phréatomagmatique, débute le jour-même à 11h41 et fait totalement disparaitre le lac. L'éruption atteint son maximum à 12h50, lorsqu'elle devient Plinienne, puis décroit jusqu'à 17h00. Le panache monte à une douzaine de kilomètres d'altitude, et est accompagné de coulées pyroclastiques qui parcourent jusqu'à 6 km de distance dans une vallée très encaissée ouverte sur le flanc Est. Celle-ci est comblée par un dépôt épais d'une dizaine de mètres. Les cendres retombent en abondance sur les villages de Blitar (25 km de distance), Malang (35 km de distance) et Nglegok (55 km de distance). Dans ces villages, des toits s'effondrent sous le poids des cendres volcaniques, tuant des habitants. Au total, ce sont 32 victimes qui sont à déplorer sous les décombres des toitures effondrées.

Lieu de l'éruption : Cratère sommital


Date de l'éruption : Du 19-05-1919 au 20-05-1919

Résumé :
Cette éruption est l'une des plus meurtrières qu'ait produit le Gunung Kelut dans les temps historiques. Elle débute violemment dans la nuit du 19 au 20 mai par une activité qui expulse hors du cratère la majeure partie du lac qui remplis le cratère sommital. Les lahars qui se forment alors vont recouvrire plus de 130 km² de surface cultivée et, en moins d'une heure, parcourir presque 40 km de distance. 104 villages sont rayés de la carte, et 5160 personnes trouvent la mort. Le panache, formé par cette violente activité phréatomagmatique, est suivi de retombées de cendres répértoriées depuis Bandung (500 km à l'Ouest) jusqu'à Bali (300 km à l'Est). Cette catastrophe incite les autorités de l'époque à prendre des mesures toujours en vigueur aujourd'hui. La première est la création d'un observatoire national plus connu sous le nom de Volcanological Survey of Indonesia (V.S.I.), et la seconde est un système de drainage qui permet une vidange permanente du lac. Ce système, terminé en 1926 et toujours en service actuellement, impose au lac un volume maximum de 2 millions de m3, réduisant ainsi la menace des lahars.

Lieu de l'éruption : Cratère sommital

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