mercredi 3 février 2010

De l'autre coté du monde


Et voila, ce soir que les gens du Théâtre de Flers envoient un sujet bien difficile concernant les hautes terres indonésiennes de Bandung; et les quelques années de formation au Théâtre en l'air d'Abbeville St Lucien n'en suffisent plus pour répondre avec clarté à cette série de questions. L'autre jour, ce fut sur la rade du port autonome de Marseille que toutes ces choses furent avec vérité et sincérité posées; dans une atmosphère âpre d'un hiver trop rigoureux, dans la fatigue d'une marche d'une après-midi jusqu'à la Bonne Mère, et surtout dans ce dédale de rues iconoclastes d'un Marseille brillant puis pourri. C'est de cela que sont nées ces idées.

Qui tu es? L'art et surtout la musique et la mode sont présents à Bandung, aussi bien dans les rues où coulent un flot incessant de voitures de tout genre japonaises ou coréennes; mais aussi où suinte une saleté sulfuro-carbonique qui prend les bronches et vous rend asthmatique à la première descente en rappel de la Jalan Setiabudi. L'art de surprendre son auditoire lors d'un restaurant improvisé où le chanteur du coin à la voix rayée fut incapable de lancer un vieux U2 des familles, voire un "je ne regrette rien" de la regrettée Piaf. Pour répondre, nous sommes ce que notre miroir nous renvoie une image déformée telle ces masques de Venise, d'un coté souriant d'une manière machiavélique et de l'autre un triste sort de grimace. Nous sommes aussi ce que le jeu nous propose, tantôt le volant neuf et volontaire nage dans les airs et d'un smash rageur d'écrase sur la tête de Yustuno, de l'autre il perd ses plumes et en amorti tombe du mauvais coté du filet. Un soir de défaite face à un Slamet de gala comme à son habitude, nous nous retrouvâmes au Tizy pour une soirée plutôt sympa, il y eut les Lolos2, pas Lauriannne ni Juju occupées dans d'autres lieux plus indonésiens, mais aussi Floriant arrivant bien plus tard en compagnie de la charmante Nathalie, et je m'exprimais de cette manière assez fort pour etre entendu par les tables du font (dans un parfait dalam bahasa indonesia of course): "Ce n'était pas mon foyer qui me manquait, mais le nord avec ses vastes forets, ses rivières aux eaux glacées et ses truites. Autrefois, il y avait des truites de torrent dans les montagnes. On pouvait les voir immobiles dressées dans le courant couleur d'ambre où les bordures blanches de leur nageoires ondulaient doucement au fil de l'eau. Elles avaient un parfum de mousse quant on les prenait dans la main. Lisses et musclées et élastiques. Sur leur dos, il y avait des dessins en pointillet qui étaient des cartes du monde en son devenir. Des cartes et des labyrinthes. D'une chose qu'on ne pourrait pas refaire. Ni réparer. Dans les vals profondes qu'elles habitaient toutes les choses étaient plus anciennes que l'homme et leur murmure était de mystère". Ainsi fut dit la prophétie et ainsi s'évapora t'elle dans les bruits de La Route. Au loin, peut-être un chien affamé d'être à Bandung aboya, peut-être finirait t'il ses jours en Saté, peut-être écrasé sous un immeuble remué par le poing d'un Thor frappant violemment le sol. Qui sait? Ainsi le parrain interprété par un Brando est une interprétation en miroir comme l'image de la vache qui rit, c'est peut-etre une de ces images reformée que nous envoie l'Indonésie. - Qui tu es? Toi, Bambang président de la démocratie musulmane d'Indonésie. Celui qui veut contrôler la corruption mais pas l'annihiler. Celui qui parle de sagesse en parlant de religion sur toutes les chaînes privées publiques.
Celui qui se pose face à la terreur mais ne contrôle pas celle des quartiers.
Tout cela manque d'objectivité de se juger par rapport à une autre référence.
Etre est géographique, et environnemental; être peux varier d'un plongeon dans une piscine trop sombre, que dans un couloir trop long où les murs se balancent, que dans un mystère de ruelles où l'on découvre un gas fouillant une rivière de merde à la recherche de trésor.


Qui tuait?
De l'autre coté du phare de Bandung (la grande mosquée), on raconte une histoire étonnante, ce fut d'ailleurs dans ces ruelles sombres que Raymond fut le seul à vivre l'expérience de l'insécurité, une bande de jeune des banlieux du bas Bandung, celui encore plus bidon-ville que le Nord, d'ailleurs d'ssence universitaire, l'entoura maladroitement avec intention malveillante légère pour finir de s'enfuir au grognement du jiggeur (expression franco-bandunienne).
Ici, le cours du contrat est de 1 million de Roupiah, une véritable fortune à hauteur de 75 euros.

The contract for killing.
Alors faites attention car 270 millions d'yeux vous surveillent avec malice.


Qui tu hais?
Il faut revoir ce merveilleux film de Nicolas Boukhrief pour comprendre jusqu'où peut aller la vengeance et dans quel tourment de douleur, elle s'essuie sur votre front. Le Convoyeur. La question est moral: 1000€ par mois mais 1000000€ dans chaque sac.
Qui sommes nous pour transformer, nous transformer tels des jouets aux mains du démon.
Ne resistons pas de relire ces phrases éternelles de la Tempète de Shakespeare:"I'll break my staff, Bury it certain fathoms in the earth, and deeper than did ever plummet sound. I'll drown my book".
Ne negligeons pas la musique de Beethoven qui survit aux crises, ce Moonlight sonata qui est un véritable cadeau lorsque les nerfs sont soumis aux FAI bloquées dans les cieux (First Part Check), les nageuses russes et slaves sortant leur corps voluptueux des eaux profondes, cette symphonie n°9 en revenant en passée.

Ton reve, le plus fou
Créer la première compagnie de Mongolfier dans la ville la plus poluée au monde. Escales à chaque tour-hotel, de Lambang jusqu'à l'aéroport.
Ce serait fou qu'une idée née un soir de pluie violente dans un embouteilage de ville ait une réalité.


Dans la peau d'un serial killer comment tu tuerais ta proix et comment en es tu arrivé là?
Qui n' a jamais révé de voyager dans le temps et de nettoyer les siècles des pires etres. Paradoxe car nous sommes la terre du corps de ces gens. Ne creusons pas trop profond cette terre noire et riche des évenements du monde. Celle d'Indonésie a vecu et vivra encore et toujours et aussi profond que les voix d'un cantique, résonne loin dans le passé.
Nous sommes nous meme des survivants de nos expériences, alors pourquoi ce désire de vengeance qui n'est qu'une faiblesse qu'on laissera à ceux que la vie à travailler vers le coté obscure. et orientons nous vers la phylosophie de ces gens du sud du continent asiatique ayant tant supporté, enduré, lutté.
Il y a de quoi réfléchir. Hein, gamine.

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