Cette interview a été réalisée ce week-end dans un bar de Bandara Husein Sastranegara et les quelques événements extranaturels s’étant produit ce Samedi en guise d’avertissement n’ont pas en apparence aucun lien de cause à effet : tempête, tremblement de terre et éclipse de lune
OB : Monique, on ne vous présente plus à Bandung. Pourtant pourriez vous en quelques mots nous dire qui vous êtes ?
Monique : Je suis né à St Nazaire d’un père général de corps d’armée, qui a participé aux événements du Liban, la crise de Sumatra et à la guerre du Golf, et d’une mère avocate au barreau de Nantes. D’éducation classique, j’ai étudié jusqu’en 1987 la philosophie, puis ai passé une thèse sur le droit social en Russie sous l’ére Brejnev. En 1988, je me suis expatriée en Indonésie qui était déjà à l’époque un véritable eldorado ; en tant qu’archéologue j’ai en outre participé à l’excavation des tombes du Ciumbuluit et ai défendu le projet d’une décharge à ciel ouvert sur ce site unique. Hélas, ce combat politique n’a mené qu’à la construction d’une chaine d’hôtels à ma grande désolation. C’est cette lutte initiale qui a forgé ma motivation de m’installer à Bandung, d’y vivre et surtout d’y créer mon travail, mon business.
OB : A propos de votre affaire, quelle fut votre stratégie et quels sont aujourd’hui vos objectifs.
Monique : Le business de Yaourt bio était à l’époque une incongruité sur Java. En effet, mon premier business plan monté au coin d’une table du Warung Celtic en 1986 a démontré que le modèle était viable si les profits cumulés suivaient une course en S de Gauss-Bangh. Hélas, le Produit brute par habitant de l’époque était largement inférieur au prix du lait.
C’est à cette époque que je me rapprochais du Consulat Français de Bandung, et de demander une audience auprès du directeur. Cette entrevu, et je m’en souviens encore des moindres mots, restera gravée à jamais dans mon esprit. Le consul de l’époque était une espèce d’Eric Champs croisée avec un Olivier Merle, m’accueillit les bras ouverts et m’expliqua pourquoi cette idée était juste et pourquoi ma motivation devait rester intacte malgré l’environnement hostile du pays et la bureaucratie endémique. Je me souviens encore aujourd’hui d’une manière vivide ses mots « il n’est jamais trop tard pour avoir de l’ambition ». Il me parla de l’Indonésie, de ses inquiétudes d’une croissance effrénée et mal contrôlée, mais aussi des charmes du pays.
Bref, je me lançais et vite acquis une certaine réputation. Le secret de ma recette est simple : « Tida petchil ». En effet, à la différence des Yaourt indonésien à longue conservation, je privilège les valeurs. En effet, je porte fièrement une étiquette de savoir faire à la française, ou le produit est roi et non trafiqué.
Aujourd’hui, ma vision reste intacte, c'est-à-dire de créer une marque : « Monique nano-molecular Yogourt », et de devenir l’équivalent d’un Danone en Indonésie.
OB : D’où vous vient cette aisance pour parler aussi bien affaire avec un agriculteur bio de Lembang, que de discuter avec l’intelligentia de Bandung ?
Monique : Tout est une question de savoir-vivre et de respect des valeurs. Ainsi, un gas comme Domenech n’a pas sur cerner son auditoire de joueurs multi-millionaires en rentrant dans le jeu du management par la contrainte, à la différence d’un Maradona ne possédant que sa gloire passée et son amour pour ses joueurs.
Il faut savoir s’adapter et adapter son adaptabilité, voire d’adapter l’adaptabilité de sa propre adéquation à l’inadaptabilité des autres. C’est cela que j’essaye de faire lorsque je m’exprime en public, en société ou sur le marché. C’est cette force qui m’a permis de comprendre l’essence même du mot culture.
OB : A propos de sport, pensez-vous que l’équipe de France de Basket puisse réussir aux prochains championnats du monde.
Monique : Tout est une question de dosage et d’esprit, avec au centre l’équipe qui est le dispositif. Au cours de conférences dont je fus l’invité, j’ai eu l’occasion de m’exprimer sur ce sujet. Pour manager une équipe, il faut savoir identifier l’individu dans l’équipe, mais aussi comprendre que le joueur le plus important est l’équipe.
Aujourd’hui, l’absence de Parker est une bonne chose pour l’équipe, car celui-ci canalisait trop d’influence dans le groupe et utilisait son palmarès comme paramètre sous-jacent. Bref, qu’il reste chez lui et garde son arrogance pour les plateaux télés américains abreuvés de burgers et frittasses huileuses. J’ai d’ailleurs une conviction que la NBA a détruit une génération française de joueurs talentueux en les pervertissant. Est-il normal qu’un rooky prenne 20 kg de muscle en une saison ?
Enfin en note positive, je vois arriver des jeunes qui en veulent comme Noah en pivot, un joueur qui coure le 20m en 3 secondes et qui mesure 2m10 est un joueur que l’on doit respecter. A ce propos, il fait parti de ma base client , ainsi que Di-Nanto, Carminati, Paparanbore, Busi, Niang, Benazzi, et Mandela.
OB : Et le réchauffement climatique.
Monique : C’est en effet un sujet dont je réfléchis assez souvent et qui m’occupe, puisque je suis entrain d’écrire un essai en collaboration avec Claude Allègre.
Ma théorie est simple, tous les paramètres sont inter et intra connectés : les cycles de l’eau, les courants atmosphériques, ceux marins, la couleur des terres, les rejets de gaz natuel, le CO2, les océans, les effets magnétiques, la géographie, et aussi des phénomènes extérieurs : les taches solaires, la rotation de la terre, effet de la lune, etc.
Tout est une question de dosage et de temps. Car, chaque paramètre s’exprime selon un ratio temps différent.
Dans tout cela, je n’ai pas parlé des dégradations de l’homme et l’humanité, car aujourd’hui l’environnement surpasse toujours celui-ci.
C’est une question d’échelle.
OB : Et le trafic d’armes
Monique : Ha, c’est un sujet dont je veux rester discrète. Je possède certes un petit AK47 des familles dont je me sers de temps en temps pour tirer quelques pigeons au font du jardin, mais sans plus. Il faut que vous compreniez que l’Indonésie peut être dangereux, très dangereux si certaines règles ne sont pas établies. Mais, rassurez vous je ne porte pas tout le temps une arme. A ce propos, je suis d’ailleurs 3ème dan de Kung-fu, et possède une maitrise de boxe française. J’ai d’ailleurs effectué quelques entrainements avec Vincent Moscato qui lui aussi appartient à ma base clientèle de France, comme Yannick Noah, Alain Delon, Marion Cotillard, Pierre Richard, Augustin Legrand, Bernard Blier, Di-Meco, Angelo Parisi, Carlos Valdérama, Bourvil et Michel Serraud.
Enfin, je possède un vieux FAMAS chargé avec des balles traçantes 6.67, mais qui ne ferait pas de mal à une mouche, mais ont un effet magnifique dans le ciel de Bandung.
OB : On dit que vous possédez la bibliothèque la plus vaste de Java ? Dans certains milieux non autorisés, on parle d’œuvres rares et de quelques 8000 volumes ?
Monique : C’est faux, entièrement faux. Ce ne sont que calomnies, rapportées par des individus sans scrupule. J’en connais d’ailleurs un au Ciumbuluit qui repend sur mon compte les rumeurs les plus fourbes.
Sur ce sujet, je fais d’ailleurs preuve de transparence, puisque je possède une bible dédicacée par Jean XXIII, et c’est tout sur ce sujet, et même l’interview. Bonsoir.
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