jeudi 25 novembre 2010

Back in business

Vers la fin du mois de Janvier 2009, un gars que nous nommerons plus tard par son véritable nom, partit d’Apt, dans les Alpes de Haute Provence, en direction de la ville française de Marseille, afin de s’engager pour aller combattre sur un projet hélicoptérique en Indonésie.
Il faut imaginer ce gars dont le nom pourrait être Florian Busi, s’arrêter quelques instants sur la grande place du village provençal et regarder quelques flocons s’accrocher aux branches décharnés des platanes centenaires, puis d’avancer un pas puis l’autre vers l’arrêt de bus. Ce soir là, la météo annonçait tempête, mais la neige, cette neige râpeuse et légère ne le fit sourciller. Plus tard, un bus s’arrêtera sous un réverbère aux colorations vermeilles, puis accéléra à tombeau ouvert dans un nuage granuleux et noir vers un autre lieu, vers l’inconnu.




Florian, comment avez-vous appréhendé ces premiers jours, mois à Bandung ?
Justement sans appréhension et surtout sans apriori mais avec l’intelligence du cœur. Lorsque, j’ai posé les pieds à Bandung le 23 Janvier 2009, tout est soudain devenu clair. : cette ville, ses habitants et ses desseins ne s’arrêteraient jamais. Et, telle une machine complexe ajustée par une technologie autre, la métropolis était capable d’anticiper le futur, et de construire avec certitude un état de domination et de performance. Cette machine entropique est conduite par la plus effroyable psychologie, celle d’une population souriante, jeune, rayonnante et surtout d’une humanité en totale opposition avec ses objectifs froids, irrémédiables et profonds.
Ainsi, Bandung m’a accueilli et permis de développer certains dons, et certaines capacités dont j’ignorais l’étendu et les pouvoirs ; car si toute puissance impose responsabilité et grandeur d’esprit, la maitrise de cette puissance lorsqu’elle vous est conférée, vous grandit et change la conscience de votre passé et vos expériences déjà-vécues. Cela a été le plus difficile pour moi de jauger.
Hors de propos, j’ai eu la chance de rencontrer mon mentor, Bambang, qui fut pendant ses premiers pas un guide de compréhension et d’insolence. Ce dernier adjectif peut sembler fort mais d’une effroyable justesse, car Bambang à travers ses leçons me communiqua certains messages, et ligne directrice qui aujourd’hui résonnent d’une clarté étonnante.
Il me parla de jours glorieux, puis de nuages noirs s’amoncelant à l’horizon à travers des signes, me parla de persévérance dans des moments clefs et du succès in fine de l’entreprise dont les pièces s’emboiteraient d’une manière saisissante et rapide. En fait, une sorte de S-courbe inversée.




Vous nous parler d’une force, mais ne faut t’il pas parler de valeurs ?
Ne forcez pas le trait en citant Fred Sansonsoni, s’il vous plait.
Je parlerais, si vous me le permettez, de lien, et surtout de la création de lien, à travers le jeu de l’esprit. Pour cela, permettez-moi de faire un raccourci Rugbistique et Handballistique, qui vous permettra de comprendre, puisque ces sports sont les mêmes.
Créer du lien est un parallèle à la création de jeu, où la lecture s’oppose à la combinaison sans se confondre. Lorsque l’équipe maitrise ses individualités, quand les individualités possèdent l’aboutissement de la lecture, enfin si les conditions de stress et d’événements sont au maximum, le miracle peut s’accomplir. Je parle par exemple d’une victoire en Nouvelle-Zélande dans les années 80, une autre en 1999 et des actions venues d’ailleurs.
Ainsi, pour l’esprit, c’est égale en remplaçant les joueurs par les synapses, et les actions par les membres de l’équipe. Un jour, malgré un environnement hostile, tout se transforme, devient clarté et sonne les cloches de l’accord symphonique. Il suffit juste d’être au cœur de l’action. Trust me.




Quels sont vos fonctions ici à Bandung. On dit que vous cumulez plusieurs casquettes?
Parfois en lisant certaines œuvres, il m’arrive de comprendre l’essence du changement. Ainsi, la Divine comédie n’est pas seulement ascensionnelle mais une assemblée de comédiens qui œuvre autour d’un projet et exprime des sentiments subtiles que seul Dante a pu exprimer par des mots, des phrases, des milliards.
Mes fonctions à Bandung sont certes multiples mais définies dans une fenêtre de persuasion et d’évolution.
Parfois, il m’arrive de me demander pourquoi nous sommes des humains et non des anti-humains, faits d’atomes et non d’anti-atomes, constitués d’électrons et de protons, et non de positrons et d’anti-protons ?
A défaut, de répondre à cette question qui taraude les monteurs, préparateurs, outilleurs, assembleurs, designers, chercheurs, managers, acheteurs, approvisionneurs et autres financiers de toute race, je préfère participer au système de la métropolis sous toutes ses formes, et progresser ici, que stagner là-bas, créer du jeu dans l’action, que m’éloigner d’un centre de gravité et prendre de la hauteur à présent.
Je pense penser demain l’inverse. C’est comme ses cartes de psychologue avec ses schémas abstraits où chacun entrevoie sa conscience. Aujourd’hui, j’y vois cette métropolis. Qui sait demain ?


Peut-on réécrire l’histoire ?
Comme dirait Maurin, on ne peut pas mentir 1 fois à 1000 personnes, ni 1000 fois à mille personnes, mais à la fin c’est juste une question de personne.
L’histoire ne cesse d’être écrite, interprétée, malaxée, communiquée pour finir décomposée et sans structure, mais jamais au grand jamais elle ne s’effondrera tant que l’esprit de l’espoir existe. On touche presque au divin. L’autre jour, au bord d’un jig, nous cherchions des millimètres presque à tâtons, pièces par pièces, rivet par rivet, calle par stringer, rayon de courbure par chaine de cote, et pourtant dans le hangar en cloche de cathédrale où s’assembleront les structure, la nuit se fit et un éclair illumina la scène. Et, je saisis la vérité, cette comédie immense où chaque comédien de Dante s’exprimait, et participait à une scène dont il n’aurait jamais conscience de l’ampleur. Une douleur fugace traversa mon bras en s’amorçant juste au dessus du poignet, puis disparut. Ma réponse est positive, les fantômes existent.


Comment appréhendez-vous la popularité de Laurie ici en Indonésie ?

Il ne faut pas confondre les trafiquants d’armes, et celles qui par leur qualité développent des concepts nouveaux. Laurie fait un grand travaille au CCF, et devrait à coup sure postuler pour les prochaines élections de consul honoraires de Bandung.
Les Indonésiens sont un peuple musical, qui s’exprime par le rythme et les notes, ainsi il est fréquent de voir des groupes de jeune marcher si lentement en conversant avec animation, ils suivent le rythme de leur corps ; c’est ce que Laurie traduit dans sa musique, ses écritures, sa communications et son langage, cette dualité physico-rythmique.
Je compte collaborer avec elle si nécessaire et si elle m’appelle dans son équipe, afin de partager mon expérience industrielle, sportive et managériale et de converger vers la performance, et puis rapidement de rendre la grandeur passée au CCF.
Tout est dit pour l’instant.

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